L’exposition, l’un des temps forts de la Quinzaine de la poésie, constitue l’une des rares chances de voir ici le travail de cet artiste autodidacte qui a grandi dans Émard, sur la rue Beaulieu. Ayant quitté le quartier en 1971, il vit en France depuis maintenant trente ans.
Michel Madore a découvert les Poèmes d’Hankéou en même temps qu’il a découvert la Chine en 2001, un pays où il est retourné à plusieurs reprises depuis pour présenter des expositions dans les villes de Canton, Shanghai, Beijing.
En 1934, Alain Grandbois se trouve en Chine, à Hankéou. C’est là qu’il fait la rencontre d’un ancien officier de marine qui veut publier quelques poèmes dans une édition chinoise. Un recueil sur papier fin ivoire, cousu à la main, est tiré à seulement 150 exemplaires. «Pratiquement tous les exemplaires ont été perdus dans le naufrage d’un navire», relate Michel Madore. Il n’en est resté que dix exemplaires. En 2000, pour commémorer le centenaire de la naissance du poète, les Éditions de l’Hexagone ont publié une reproduction du recueil.
Chemins de traverse constitue un exercice de peinture et d’écriture réalisé sur les écrits du poète.
Dans ces oeuvres créées en 2008 (encre de chine sur papier), Michel Madore conjugue une fois de plus le verbe et l’art pictural. Il nous propose des dessins au trait épuré «en résonance avec le texte», dit-il. «Je lis le texte et il y a des choses qui me font vibrer plus que d’autres.»
Avec cette exposition, «j’ai le sentiment de revenir aux sources vives de mon enfance, là où je regardais les images de Pays et Nations, là où j’entendais aussi presque chaque jour prononcer le nom de la Chine associé au canal, au bout du boulevard Monk, écrit Michel Madore. Ce canal, dont le nom faisait écho aux pages de ces Pays des Nations créant ainsi des résonances entre le proche et le lointain sans que je puisse trop départager ce qui était de l’ordre du rêve ou de la géographie. Dans notre première Histoire du Canada, il n’était pas dit que Robert Cavalier de LaSalle nommant ainsi ce village au bord du fleuve, nommait son rêve, celui d’aller en Chine par la route de l’ouest.»
Cette exposition présentée dans Émard, «d’une certaine manière, ça boucle la boucle», observe Michel Madore.
L’exposition peut être visitée les mardis et mercredis de 13h à 19h, le jeudi de 13h à 18h et les vendredis, samedis et dimanches de 13h à 17h. La maison de la culture est située au 6052, boulevard Monk. Renseignements au 514 872-2044 et au www.ville.montreal.qc.ca/sud-ouest/marie-uguay.
Osmose entre le poète et l’artiste-peintre
Michel Madore présente l’exposition Chemins de traverse
Claude Beausoleil, Jean-Paul Daoust, Robert Marteau, Pierre Perrault, Jean Royer, «ça fait quinze ans que je travaille avec des poètes», confie l’artiste peintre Michel Madore. Pour réaliser les œuvres que l’on peut admirer dans le cadre de l’exposition Chemins de traverse, présentée jusqu’au 26 avril à la maison de la culture Marie-Uguay, c’est du côté d’Alain Grandbois et de ses Poèmes d’Hankéou qu’il a tourné son regard.
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