Organisée avec le concours du consulat chilien, l’exposition est produite en collaboration avec l’organisme Voies Parallèles et l’arrondissement du Sud-Ouest.
Tout en donnant l’occasion d’admirer des œuvres réalisées entre 2000 et 2008 par André Jacob, Espace pour l’espoir permet également de mieux faire connaître la mission de la Fondation Salvador Allende-Montréal puisque l’exposition se tient au bénéfice de la fondation. Créée à l’initiative de diverses organisations regroupant des Québécois d’origine chilienne, elle a pour mission de garder vivante la mémoire de l’ex-président du Chili, Salvador Allende, mort le 11 septembre 1973 lors du coup d’État organisé par les forces armées dirigées par le général Augusto Pinochet. La fondation, en collaboration avec la Ville de Montréal, projette l’installation d’un monument à la mémoire de Salvador Allende au parc Jean-Drapeau en septembre prochain. Ainsi, 25 % des sommes recueillies lors de la vente de tableaux seront versés à la fondation pour ce projet.
Ce n’est pas par hasard si André Jacob présente une exposition dans le but de soutenir la Fondation Salvador Allende-Montréal. Depuis un long séjour au Chili dans les années 1960, il a toujours manifesté sa solidarité avec le peuple de ce pays. Il a tout d’abord contribué activement à l’accueil des Chiliens dès le lendemain du coup d’État. Par la suite, il s’est impliqué dans la lutte contre la dictature. Il a écrit la biographie de Carmen Gloria Quintana, cette jeune femme brûlée par une patrouille militaire en 1986 qui fut accueillie et soignée au Québec. Il a aussi publié Carmen Quintana te parle de liberté, un livre qui a beaucoup circulé dans les écoles.
Sociologue, homme de lettres et professeur, André Jacob a fait carrière à l’École de travail social de l’Université du Québec à Montréal. Parallèlement, il a maintenu une vie artistique active, tant au plan des arts visuels qu’en littérature. Il compte une vingtaine d’expositions à son actif. D’abord autodidacte, il a travaillé au début des années 1980 avec le célèbre Frère Jérôme avant de poursuivre un programme en arts visuels au Centre Saidye-Bronfman avec des artistes reconnus dont Marilyn Rubenstein, commissaire de l’exposition.
Son travail a un caractère un peu «fauve» par la force et la richesse des couleurs, tout en présentant une force impressionniste riche d’émotions et de contrastes.
«Cette exposition comporte deux volets autour du même thème, explique l’artiste. L’un fait appel à l’espoir, à chercher au-delà d’événements douloureux (holocauste, guerres, tuerie à l’École polytechnique, etc.). L’autre, inspiré de la nature, ouvre à une réflexion sur l’espace infini, intersidéral, mystérieux renforcé par les couleurs profondes et chaudes et par des formes marquant l’ouverture vers… le monde que nous souhaitons voir se réinventer.»
«L’espoir fait partie de ma recherche vers un monde idéal fait de justice sociale et de rejet de toutes les formes de renfermement sur soi en commençant par l’exclusion sociale sous toutes ses formes et sous tous les motifs, que ce soit en raison de la couleur de la peau, du sexe, des croyances ou de tout autre motif», confie le peintre.
«Dans cette exposition, André Jacob nous montre les diverses avenues qu’il a explorées au fil des ans, signale Marilyn Rubenstein. Nous voyons sa versatilité et son besoin de chercher de nouvelles façons de traduire ses expériences multiples. Il nous montre clairement sa sensibilité à la fois pour les victimes de l’holocauste et du massacre de l’École polytechnique.»
L’exposition peut être visitée du lundi au jeudi de 13h à 21h et le samedi de 9h30 à 15h. À noter que le centre sera fermé les samedi 11 et lundi 13 avril. Le Centre culturel Georges-Vanier est situé au 2450, Workman. Renseignements au 514 931-2248. (A.D.)
