La soirée de lundi aura permis à Hélène Laverdière de passer d’illustre inconnue, à vedette de l’heure.
La candidate du Nouveau Parti démocratique savait d’ores et déjà que ses chances de vaincre le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, étaient réelles.
Une vague orange, ou plutôt un tsunami orange a frappé de plein fouet le Québec, lundi soir. Réunis au Théâtre Rialto, dans le fief du député d’Outremont, Thomas Mulcair, les néo-démocrates québécois ont fêté jusqu’aux petites heures.
Hélène Laverdière et ses camarades ont vu les circonscriptions du Québec tomber une à une aux mains du NPD. Toute la province y a goûté.
À Montréal, des forteresses libérales de l’Ouest-de-l’Île et des fiefs bloquistes de l’est de l’île ont changé d’allégeance et ont adopté le orange.
Chaque candidat, élu ou en avance, qui s’ajoutait au total, était souligné avec enthousiasme.
Dès le début du dépouillement des votes, des résultats préliminaires mettaient Hélène Laverdière en avance dans Laurier–Sainte-Marie (LSM). « Je ne peux rien faire d’autre qu’attendre », nous confiait-elle, visiblement nerveuse.
Un gain historique
En fin de soirée, la victoire de Mme Laverdière dans LSM a été confirmée. La néo-démocrate récoltait 46,6 % des voix, contre 35,9 % pour M. Duceppe. Le libéral Philippe Allard (9,9 %), le conservateur Charles K. Langford (3,5 %) et le vert Olivier Adam (2,7 %) ont terminé loin derrière.
Mme Laverdière a aussitôt été prise d’assaut par une horde de journalistes et de cameramen. Tous les médias voulaient savoir qui était cette illustre inconnue qui avait mis K.-O. Gilles Duceppe.
Mme Laverdière était en pleine entrevue lorsque le chef bloquiste a pris la parole à la télévison nationale.
« Je vous quitte », a-t-il laissé tomber en guise de démission. Le Bloc, passant de 47 à 4 députés, venait de perdre son chef.
Ceux qui voulaient obtenir une déclaration incendiaire de Mme Laverdière auront été déçus. Cette ancienne diplomate du ministère des Affaires étrangères du Canada, qui œuvrait désormais comme traductrice, n’a pas fait de déclaration choc.
« Je vais être honnête, je suis dépassée par les événements! Disons que je ne suis pas habituée à tout ça… », nous a-t-elle avoué.
Mme Laverdière n’a pas voulu se mouiller, quant à la démission du chef bloquiste. « J’aimerais mieux ne pas commenter », a-t-elle tout bonnement laissé tomber.
La nouvelle députée de Laurier–Sainte-Marie a expliqué qu’elle et son équipe n’avaient jamais cessé de travailler au cours de la campagne. À quelques jours du scrutin, les médias ont noté qu’elle s’approchait dangereusement du chef bloquiste dans les intentions de vote. Mme Laverdière a fait fi de ces observations, et a continué de travailler d’arrache-pied, soutient-elle.
Comme membre de l’opposition officielle à Ottawa, Hélène Laverdière a promis de défendre ce qui lui tenait à cœur, soit l’environnement, la famille et le logement abordable.
