C'est lors du conseil d'arrondissement Ville-Marie, mardi soir, que le maire s'est prononcé de façon catégorique sur l'offre de ces services.
«Nous en avons longuement discuté et il n'est pas question de voir un SIS dans un organisme communautaire comme Cactus. C'est un non unanime, a déclaré M. Tremblay. Si ça se fait, ça doit se faire dans un hôpital ou dans un autre établissement du réseau de la santé».
La Direction de la santé publique (DSP) de Montréal a dévoilé une étude en décembre recommandant la création de quatre SIS, trois centres fixes et un mobile. La Ville avait dès lors donné son appui au projet, mais à condition que les services soient fournis à plusieurs endroits et que les centres puissent être démarrés simultanément.
« Il serait inacceptable d'avoir un seul site dans Ville-Marie parce qu'il y a déjà trop de personnes en crise dans ce secteur », réitère M. Tremblay.
Par ailleurs, la DSP mentionne aussi dans son rapport que les organismes communautaires sont souvent les mieux placés pour établir le contact avec cette clientèle. Il recommande donc à ces organismes de travailler en étroite collaboration avec les établissements du réseau de la santé et des services sociaux.
« On va manquer notre coup »
Présent lors de la séance du conseil, le président fondateur de Cactus Montréal, Louis Letellier de Saint-Just, n'a pas hésité à répliquer aux propos du maire. Celui-ci estime que sa décision est « étonnante et excessivement décevante ».
« L'objectif est de rejoindre les utilisateurs de drogues injectables (UDI) et de faire en sorte que la réduction des méfaits auprès de ces personnes soit efficace. Si on ne fait qu'implanter les SIS dans le réseau officiel de la santé, on va manquer notre coup », plaide-t-il.
M. Letellier de Saint-Just avance que 93% des personnes qui fréquentent des organismes communautaires ne vont pas dans le réseau officiel de la santé.
Cactus Montréal avait l'intention d'ouvrir son propre SIS dans ses locaux situés à l'angle des rues Sanguinet et Sainte-Catherine.
Le maire propose de voir les possibilités avec le Centre Dollard-Cormier pour implanter un SIS. L'établissement de réadaptation offre notamment des services aux personnes souffrant de dépendance.
Pas unanime
L'implantation des SIS à Montréal est un projet qui est loin de faire l'unanimité, autant du côté des associations de résidents que celles de commerçants. Cependant, M. Letellier de Saint-Just croit qu'il est impossible de l'obtenir.
«Nous avons gagné la bataille de l’acceptabilité sociale. La bataille de l’unanimité, elle est perdue d’avance», soutient-il.
Selon lui, les résidents du quartier ne doivent pas se faire d'illusion. « C'est un centre-ville et il y a des débits de boissons, de la prostitution, de la drogue, des crimes », énumère-t-il. Mais ces mêmes résidents ne devrait pas avoir peur « qu'il y ait des attroupements » d'UDI dans le quartier, ajoute-t-il.
En septembre 2011, la Cour suprême du Canada a rendu un jugement unanime pour le SIS InSite à Vancouver. Ce jugement a donc ouvert la porte à la création de ces centres au Québec.
À Montréal, on dénombre environ 25 000 UDI. Les surdoses tuent, chaque année, environ 70 d'entre eux.

Malheureusement, la réalité est qu'il y aura toujours des gens qui vivront des difficultés qui les amèneront parfois dans l'univers de la drogue et du crime même si on ne souhaite pas cela pour personne. Comme vous le dites, nous sommes une société et devons donc agir en groupe pour trouver des solutions aux problèmes et non de s'en laver les mains comme de les envoyer ailleurs. J'ai habité Ville-Marie et plusieurs personnes de mon voisinage tenaient à l'ouverture des SIS car ils voyaient qu'il fallait faire quelque chose pour aider ces personnes et participer à ce projet qui a fait ses preuves à Vancouver. Comme il est entendu, il y aura des SIS au centre-ville mais dans d'autres quartiers aussi et ils ouvrirons leur portes en même temps. Finalement, ceux qui s'injectent ne sont pas ceux qu'on voit le plus souvent dans les rues... Merci