Deux pneus sont installés dans le fond du bassin de l’écosystème du Saint-Laurent. Autour, des esturgeons nages et des raies s’approchent de ces éléments polluants.
Dans la salle voisine, des déchets de plastique trainent dans un cours d’eau où des oiseaux vont s’abreuvoir. Puis, dans le bassin des étoiles de mer, une réplique d’ossements de phoque pris dans un filet trône sur les roches, bien à la vue des visiteurs du Biodôme.
Ne rien cacher, tout montrer : voilà ce que veulent les responsables de ce projet de sensibilisation.
« Vous saviez qu’il existe un nouveau continent, que l’on appelle le 7e continent, et qui n’est constitué que de plastique? Il fait la moitié du Québec en superficie et a plus de 10 mètres d’épaisseur. C’est notre pollution à nous qui est responsable de ce désastre. Il faut que les gens en soient conscients. Moi-même, je suis biologiste et je ne connaissais pas l’ampleur de ce phénomène. C’est très troublant et traumatisant », laisse entendre Daniel Sauvageau.
Les enfants, de même que leurs parents et les adultes, auront droit aux explications « scientifiques » du docteur Do, spécialiste du 7e continent.
« J’y suis allé et j’ai vu là-bas de nouvelles espèces de vie. Elles se sont créées grâce aux déchets que nous, les humains, avons jetés. Si on jetait moins de déchets, il n’y aurait pas, par exemple, d’araignée « Cœur de butch », comme celle-ci », dit le personnage en pointant une fausse araignée constituée de bout de centaines de cigarettes.
« C’est le message que nous allons passer aux gens; les déchets existent parce que nous les jetons. C’est l’être humain qui décide de ce qui doit être jeté ou non dans la nature. Il faut en être conscient », termine docteur Do.
C’est la première fois que l’on tient une telle activité de sensibilisation au Biodôme. Les organisateurs avouent « qu’il sera très tentant de répéter [l’expérience] dans les prochaines années ».
« Je pense que les gens doivent voir ce qu’est concrètement la pollution. Le message ici est simple : nos actions ont un impact sur la nature et l’environnement », dit Laurent Misserey, du Biodôme.
