Le Nouveau Parti démocratique (NPD) prévoit débattre au cours des prochaines semaines à la Chambre des communes du projet de loi C-389 - renommée C-279 puisqu'il est à nouveau présenté - afin de donner des droits aux personnes trans (transsexuelles, transgenres).
Selon le député néodémocrate de Chicoutimi - Le Fjord, porte-parole associé du dossier, l'inclusion des personnes trans par le concept d'«identité et expression sexuelle» aux catégories sociales protégées par l'article 2 de la Loi canadienne sur les droits de la personne permettrait de freiner l'intimidation potentielle à leur égard.
«Dans la loi canadienne sur les droits de la personne, il ne faut pas discriminer sur la religion, la couleur de peau et l'orientation sexuelle. Ça devrait être la même chose pour les personnes trans. Mais elles ne sont pas incluses encore dans le Code criminel», affirme Dany Morin.
«Les LGBT (Lesbiennes, gais, bisexuels, transsexuels et transgenres) sont plus à risque de souffrir de dépression. Certains se sentent prisonniers de leur corps. Une fois que les personnes trans ont accepté leur "identité", plusieurs d'entre elles décident de subir une intervention chirurgicale en changeant de sexe», détaille-t-il.
Le député de Chicoutimi - Le Fjord précise que dans le projet de loi C-279, le NPD cherchera des appuis supplémentaires auprès des Conservateurs (une douzaine seraient pro-LGBT) dans les prochaines semaines, mais aussi des Libéraux. Selon M. Morin, le projet de loi devrait être débattu en décembre ou janvier.
Le Réseau chrétien de la société québécoise (RCSQ), mis sur pied par Stéphane Gagné, s'oppose au projet de loi transgenre au Canada. Interrogé à ce sujet, M. Morin a déclaré ne pas être au courant de l'existence de ce réseau, mais demeure ouvert à la discussion.
Contre nature
Le pasteur de l'église communautaire Mosaïque de Québec responsable des familles et des couples, Claude Duquette, souligne qu'un homme qui subit une opération chirurgicale pour changer de sexe est contre nature et qu'il y a moyen qu'il se sente mieux autrement.
«Ils sont légion, le nombre de personnes qui ne sont pas confortables avec leur orientation sexuelle. On offre des services à ces gens. Plusieurs personnes ont abandonné leur pratique homosexuelle pour se marier et avoir des enfants. Si une personne souhaite changer de sexe, je travaillerais avec elle sur son estime de soi. C'est comme si elle disait: Dieu, tu t'es trompé quand tu m'as créé. Je vais essayer de régulariser la situation. Avec un bon suivi psychosocial, ça peut changer», avance M. Duquette.
Le pasteur de Québec ajoute qu'il respecte ces personnes et leur orientation, sans toutefois être d'accord. «Dans notre société, on veut tellement donner le droit à toutes sortes de minorités qu'elles finissent par avoir préséance pour la majorité des gens. La probabilité qu'une personne transgenre ou transsexuelle soit bafouée dans ses droits est tellement minime par rapport aux répercussions familiales et sociales qui vont découler d'un tel projet de loi», insiste-t-il.
Claude Duquette déplore aussi le fait que les détracteurs au projet de loi C-279 sont mal perçus. «On ne peut presque plus se prononcer sur l'orientation sexuelle aujourd'hui sans être traité d'homophobe. On n'est pas des intégristes religieux qui vont les attaquer avec une bombe. (...) Ce projet de loi me fait peur. Au-delà des modifications demandées à la loi, on est en train de perdre nos repères spirituels», conclut M. Duquette.
