Ça ne l’a pas empêché de choisir de vivre en français – qui prend mari, prend pays, dit-on – et, trois décennies plus tard, de faire un retour attendu aux 19e FrancoFolies de Montréal, en août prochain.
Du septième ciel., un premier album pour elle en 10 ans, Judi Richards entend se faire plaisir. Elle foulera la scène du Théâtre Maisonneuve, le 2 août, avec plusieurs amis, dont Daniel Lavoie, Andrea Lindzay, Nanette Workman et ses acolytes de Toulouse, le groupe qui l’a rendue populaire. Même Yvon montera sur scène, lui qui ne voulait pas manquer ce rendez-vous qui promet d’être festif.
« Je mijote un spectacle spécialement pour les Francos qui s’appelle Au septième ciel. Je suis ravie de revenir aux Francos, car ma vie est en français et je l’ai choisie. (…) J’essaie d’être un modèle pour les anglophones qui arrivent ici et qui doivent apprendre la langue. Après trois ans de fréquentation avec Yvon, j’ai décidé de venir vivre au Québec en 1970, et c’est là que j’ai compris ce qu’est une culture, ce qu’est une langue. Avant d’arriver, c’est affreux ce que je vais dire, mais je pensais que tous les enfants du monde étaient anglophones. Je pensais que leurs parents leur apprenaient une autre langue par la suite. »
Pendant l’entrevue, Judi Richards se remémore avec émotion l’époque où elle a appris à jongler avec les mots de Molière: « C’est en écoutant ses monologues encore et encore, puis en assistant à tous ses spectacles. »
« Ma vie est en français tout le temps. Je fais encore de la place à l’anglais, mais aussi à l’espagnol, maintenant, puisque que ma fille aînée a marié un Mexicain. Mes petits-enfants parlent français, anglais et espagnol. Ma deuxième fille, qui chante, elle aussi, le fait en espagnol. C’est dire qu’aujourd’hui, chez nous, le français et l’anglais, ce n’est plus assez », dit Judi Richards avec un large sourire. Elle a d’ailleurs enregistré une chanson en espagnol sur Du septième ciel.
Trouve-t-elle étonnant que des anglophones passent leur vie au Québec sans apprendre le français ? « Oui, ça m’étonne, mais j’ai compris une chose. Les anglophones qui sont nés à Montréal vont à l’école en anglais. Ils parlent et sont élevés dans une bulle culturelle autre. »
Judi Richards: « J’ai choisi de vivre en français »
Judi Richards est impatiente de retrouver ses meilleurs amis sur scène aux 19e FrancoFolies de Montréal. (Photo: archives, Jacques Pharand)
La compagne d’Yvon Deschamps de retour sur scène
Judi Richards avait dix-sept ans lorsqu’elle a rencontré l’humoriste Yvon Deschamps. Elle était alors danseuse dans des comédies musicales et à la télévision, et vivait à Toronto. À cette époque, elle baragouinait à peine quelques mots de français et connaissait peu le Québec.
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