Sous mes pieds: 21 km de bitume montréalais
Dans mes oreilles: Everything reminds me of you – Emmy the Great
Dans mon esprit : « Runners just do it - they run for the finish line even if someone else has reached it first. » Auteur inconnu
36 heures avant le demi-marathon
J’ai mal au cœur. J’ai les mains moites. Je tremble un peu. J’arrive d’aller chercher mon kit pour le demi-marathon de dimanche. Dans moins de deux jours. Faut dire que j’ai bu un kickass gros bol de café au lait vers midi, que j’avais vraiment pas besoin de caféine dans mon système et qu’il fait à peu près 53 degrés Celsius dans mon appartement. J’ignore donc à quel point mon angoisse est due au numéro 5390 qu’on m’a donné pour la course.
Il faut dire par contre – et là watchout je rentre dans la tranche de vie – que cette course revêt pour moi une importance assez particulière. Il y a un peu plus d’un an et demi, je pesais environ 30 livres de plus qu’aujourd’hui, je ne courrais pas au coin de la rue sans me cracher les poumons et j’étais une super stressée qui faisait régulièrement des crises d’angoisse.
J’ai pété ma coche la journée où je suis allée magasiner avec ma mère au chic Carrefour Laval (pas de commentaires, please.) Une paire de bottes de biker plus tard, j’ai des envies de jeans. Rien ne me fait dans les boutiques et maman me suggère du bout des lèvres d’aller dans la section taille forte. Moyen badtrip. Sachez ici qu’autant moi j’ai des propensions emo, autant ma mère est du type « sèche tes larmes, prends sur toi, et tiens-toi droite ». Disons que j’ai pas eu ben ben le temps de m’apitoyer sur mon sort dans le rayon des tailles élastiques chez Reitmans.
Une semaine plus tard, encouragée par ma mère (qui jamais au long de ce processus ne va me lâcher), j’étais inscrite chez Weight Watchers. Et là, je ne ferai pas de plogue pour cette organisation, mais dire que ça a changé ma vie est un euphémisme. J’ai perdu autant du tour de taille que de poids sur mes épaules, en plus de m’y faire des amitiés durables. Et même si je n’assiste plus aux rencontres depuis quelques mois, j’y ai développé des outils qui vont me servir toute ma vie.
En même temps que je changeais mes habitudes alimentaires et que je consultais pour apprendre à gérer mon stress et mon angoisse, je me suis mise au sport. Moi qui haïssait faire de l’exercice, j’ai commencé par la marche, puis la natation, et depuis un an, le jogging trois à quatre fois par semaine. Jumelé à des séances hebdomadaires de Pilates et du vélo comme moyen de transport, j’ai découvert en la course à pied un exutoire formidable. J’ai réglé un nombre incroyable de dossiers dans ma tête en enfilant mes New Balance, j’ai pris moult décisions en courant. C’est MON sport. Pour mes 27 ans l’an dernier, je me suis offert pour la première fois, un cinq kilomètres pour la cause du cancer du sein. Cette année, à un mois de mes 28 ans, ce sera 21km. Je vous reviens quand ce sera fait. J’apporte avec moi mon sac à vomi, c’est plus sûr.
Autant moi j’ai des propensions emo, autant ma mère est du type "sèche tes larmes, prends sur toi, et tiens-toi droite" -
Trois heures après le demi-marathon
J’ai couru le demi-marathon en deux heures, dix minutes et trente-six secondes, sans vomir, ni pleurer. L’an prochain, je vise deux heures ou moins. Ça été une des expériences les plus cools de ma vie, ça et avoir vu Björk en concert en Islande. J’ai été concentrée, motivée, j’ai eu des amis précieux le long du parcours qui m’ont encouragée, et surtout, j’ai eu beaucoup de plaisir. Je me suis surprise à sourire plus d’une fois pendant la course. Faire un demi-marathon pour clôturer – ou plutôt célébrer - tout ce travail accompli, et celui qui reste à faire, c’est exactement ce qu’il me fallait. Ah oui, pis en passant, je porte désormais des skinny jeans taille 8. Damn right !
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Accepté: L’obsession pour une chanson. Ça c’est juste pour justifier le fait que quand j’aime une chanson, je l’écoute 500 millions de fois – j’exagère à peine – de suite. C’est le cas présentement de « I love the way you lie », de Eminem, featuring Rihanna. Je plains toutefois mes voisins, mes amis et ma pauvre collègue Julie qui subit mes obsessions musicales quotidiennement. Thank God par contre que je m’écoeure relativement rapidement et que j’ai des coups de cœur au moins bi-hebdomadairement.
Refusé: Faire le Festival de Musique Émergente de Rouyn-Noranda la même fin de semaine que le Marathon de Montréal. Ou courir le même weekend que le FME, c’est selon. Je n’ai pas encore le don de me séparer en deux. Pas juste, bon.
