Mon aïeul



(Photo: gracieuseté Geneviève Allard)

(Photo: gracieuseté Geneviève Allard)

Publié le 10 Janvier 2011
Publié le 10 Janvier 2011
 

Une chronique de Geneviève Allard

Sous mes pieds: Peu importe. Mes pieds sont mouillés. Il y a de la slush.

Dans mes oreilles: Sous l’eau, du groupe électro-pop-sympa-comme-tout L’ours avec Nous. Leur EP Les Échinodermes est disponible en téléchargement gratuit.

Dans mon esprit : Ce qui fait que les grands-pères s'entendent aussi bien avec les petits-enfants, c'est que, pour ces derniers, la vie n'est pas encore assez sérieuse et que, pour les aïeuls, elle ne l'est plus autant -Tristan Bernard

 

*** 

Le premier de l’an, mon grand-père a atteint l’âge vénérable de 80 ans. Pour l’occasion, mon père a demandé à la famille, aux amis, aux anciens collègues, aux proches, d’écrire un témoignage sur ce qu’a été, est, et sera mon aïeul pour eux. On a édité, corrigé et relié le tout et lui avons remis lors d’une touchante fête. Nul besoin de vous dire que j’ai braillé ma vie lors de ce brunch festif… Bref, je vous reproduis ici mon texte hommage à mon chauve de grand-papa. Peut-être ne comprendrez vous pas toutes les références, mais je vous propose ici une petite intrusion dans ma vie familiale, et une rencontre avec un homme fier, magistral et droit comme un chêne. Et que j’aime de tout mon cœur...

 

Cher grand-papa,

Par où commencer ? J’ai à peine écrit quelques mots, farfouillé parmi mes albums de photos, que déjà, j’ai les larmes aux yeux. Et oui, je suis émue. Parler de toi grand-papa, ça me rend fière et ça me met le cœur au chaud.

J’ai des souvenirs en vrac quand je pense à toi. Des souvenirs qui me sont parfois rappelés sur image, comme celle qui accompagne ce texte. Avec les deux hommes les plus importants de ma vie (en tout cas les deux premiers !), à Vallée Bleue en plus.

Je pense à  ton bureau au 45 du Grand Moulin,  impeccablement rangé, entouré de tes diplômes et de ton cadre qui disait God made a few perfect heads. The rest he covered with hair. Avec tous tes livres et les photos de nous tous, ta famille.

Je me rappelle t’avoir souvent observé de loin, endormi que tu étais dans ton fauteuil, devant l’immense fenêtre de la même maison. On aurait dit que tu régnais d’un sommeil bienveillant sur le lac des Deux-Montagnes. Toujours avec une émission d’information en sourdine à la télévision, et des journaux empilés devant toi.

J’ai des souvenirs en vrac quand je pense à toi. Des souvenirs qui me sont parfois rappelés sur image, comme celle qui accompagne ce texte. Avec les deux hommes les plus importants de ma vie (en tout cas les deux premiers !), à Vallée Bleue en plus. -

C’était hier que tu m’emmenais faire du vélo jusqu’à Oka et que je chialais tout le long...sauf quand on s’arrêtait pour un cornet de crème glacée à Sainte-Marthe-sur-le-lac.

C’est le souvenir de l’envie. Comme j’étais chanceuse aux yeux de tous d’avoir un grand-papa pharmacien, qui officiait à deux pas de mon école primaire en plus. Quel privilège de m’être assise derrière le comptoir du laboratoire avec toi et de t’avoir quelques fois vu exercer ta profession. Cette passion du travail bien fait, cette passion de la passion, tu me l’as transmise. Rhus Toxicodendron, t’en souviens-tu ?

Dans ma tête, je vois d’innombrables repas en famille. Tu veilles sur nous tous,  au bout de la table, avec bonté et fierté. Tu prodigues des conseils, tu discutes,  tu ris, tu écoutes. Tu es là.

Grand-papa, tu me connais, je pourrais continuer comme ça pendant des pages. Mais pour souligner tes 80 ans, j’ai envie de te dire que je t’aime. J’ai envie de te dire merci. J’ai envie de te dire que si tu n’étais pas là, je ne serais pas grand-chose, littéralement (!) et métaphoriquement. J’ai envie de te dire que je suis privilégiée de t’avoir dans ma vie et que je nous souhaite de nous voir plus souvent, de ne jamais perdre ce lien qui nous unit. C’est une chance inouïe qu’on a…de s’avoir.

Personne ne peut faire pour les enfants ce que font les grands-parents. Ceux-ci répandent une espèce de poudre d’étoiles sur leurs vies.  (Alex Haley)

Ta petite-fille Geneviève xox

***

Accepté: Je ne l’ai même pas vu encore, mais je sais que ce sera chef. Ça peut seulement être excellent. Le film Blue Valentine, de Derek Cianfrance avec Ryan Gosling et Michelle Williams. Juste la bande-annonce de ce film qui semble amoureusement tragique et résolument contemporain (et qui porte le nom d’un album de Tom Waits en plus) promet d’être merveilleux…et de me secouer.

Refusé: La série The Wire. En fait, j’adooooooooooore cette série, et je n’ai officiellement plus de vie sociale depuis qu’un ami m’a prêté les trois premières saisons en DVD. Sauf que là, je fais quoi APRÈS? Il reste deux autres saisons, je ne les ai pas. AU SECOURS! Et ne me dites pas de les télécharger, c’est contre ma religion. Mais si quelqu’un veut le faire pour moi….

 

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