Dites-moi, comment faites-vous, vous ? Ah oui, vous ne lisez presque pas, j’oubliais… Moi, je n’ai pas de mérite : une partie de mon travail consiste justement à lire. J’ai donc fait le choix de ne plus écouter la télé, de ne presque plus aller, ni au théâtre ni au cinéma, je vis quand même avec le malaise constant de savoir que je ne lirai pas tout. N’empêche, tout au long de l’année, je me garde une pile pour l’été – ou pour mes vieux jours –. On m’en sort quand même de nouveaux, tout spécialement conçus pour lire l’été, apparemment, et ça me fait un peu rire. Comme si on avait besoin de lire des trucs spécialement écrits pour une saison en particulier. Enfin… Nous vivons dans un monde de commerce et de marketing auquel le livre n’échappe pas.
Cet été, j’ai envie de lire (et de relire, pourquoi pas!) diversifié : je vais certainement me taper quelques bonnes bandes dessinées (dont le Philippe Girard, La visite des morts).
Changement de style et de genre, je veux absolument lire Adrien Arcand, führer canadien, de Jean-François Nadeau (Lux éditeur), et aussi peut-être relire Mémoires d'outre-tonneau (qui, je l’avoue, a jadis été un de mes livres fondateurs), de VLB et que Boréal compact republie.
Je vais aussi me délecter, j’en suis certain, du nouveau roman de Jean Lemieux, Et Le mort du chemin des Arsène, à la Courte échelle. J’avais tellement aimé son précédent, On finit toujours par payer!
Il y a aussi le dernier Gil Courtemanche (Je ne veux pas mourir seul, Boréal) qui, si imbuvable soit-il dans la vie de tous les jours, est sans aucun doute un des écrivains les plus importants, les plus intelligents et les plus sensibles de notre temps. Sans rancune Gil, j’ai toujours aimé les gens comme toi : notre monde est nettement trop rempli de gens qui essaient d’être gentils alors qu’eux, ils sont méchants pour de vrai…
Il y a aussi Underworld USA, de James Ellroy – que je n’ai pas pu rencontrer lors de son passage récent à Montréal parce que j’étais gêné de lui avouer ne pas avoir eu le temps de le lire – que je me garde avec bonheur pour les longs jours de plages que je me prévois en juillet…
Et un autre – et là je triche un peu parce que j’en suis à la moitié – le goûteux et érotiquement surprenant Le cuisinier, de Martin Suter, chez Christian Bourgois.
Il me tarde aussi de recevoir ce vrai cadeau du temps, en juillet : la nouvelle traduction de Sur la route de Jack Kerouac. Je frétille d’impatience, j’ai hâte de lire ça, non seulement parce que ça reste un de mes livres cultes, mais surtout parce qu’apparemment, nous aurons droit, non pas à une bête nouvelle traduction de la version publiée en 1957, dont Jean-Louis avait – en maugréant, selon la légende – accepté les compromis de ses éditeurs, mais à la version originale, écrite sur un rouleau d’environ 40 mètres de long.
Selon ce que la presse française nous en dit, l’objet serait surprenant : on y découvrirait un Kerouac nettement plus mystique, envisageant la route comme une expérience divine, en lien direct avec l’histoire des États-Unis, d’abord conquis par des pèlerins ultras conservateurs, ne l’oublions pas, qui y cherchaient la terre promise.
Bref, en juillet, aussitôt que je l’ai entre les mains.
Ignoble. Et le mot est faible. L’idée de poser des bombes est évidemment décriée, identifiée comme antidémocratique. Je propose donc à la place : « Il y a des coups de pieds au cul qui se perdent! » 1 000 000 000 de dollars. En temps de prétendue crise… Rien d’autre à dire.