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Chronique du temps qui passe



Publié le 13 Juillet 2010
Publié le 16 Juillet 2010
 

Ah oui, j’avais oublié de vous dire : François Avard m’a appelé. À peine deux heures après que la chronique qui parlait de lui soit en ligne, mon téléphone sonne et c’est lui. Me donne de ses nouvelles, me dit qu’il travaille pour les autres, qu’il n’a pas de projet personnel, outre celui de s’occuper de ses deux enfants, ce qui est plus que louable. Me dit qu’il va bien.

Sujets :
Ville de Montréal , Conseil des services essentiels , Croatan

J’ai trouvé son appel très gentil et sympathique.

Voilà, c’est dit.

Que dire d’autre? Pendant deux semaines, je vais vous foutre la paix. Vacances. Deux semaines sans ce rendez-vous hebdomadaire; ça va faire drôle : le métier de chroniqueur, sans être exigeant – je préfère suer, penché à mon clavier, qu’étendre de l’asphalte par les chaleurs de ces jours derniers –, demande quand même un niveau d’attention qui ne relâche jamais vraiment tout à fait. Je livre le lundi et déjà, le lendemain, je commence à me demander de quoi je vais vous parler la semaine prochaine. J’écris donc le lundi, sauf cette semaine. Question de prendre de l’avance sur les vacances sur mes vacances, je vous écris vendredi. Je suis tout déstabilisé. J’ai l’impression d’avoir sauté un week-end. Fait drôle. Enfin…

Parlons cinéma, tiens. La semaine dernière, Jacob Tierney – fils de Kevin, le producteur de Bon cop, Bad cop, et réalisateur de <@Ri>The Trostky<@Ri> (que je n’ai pas vu) – a déclaré que le cinéma québécois était «blanc, blanc, blanc. C'est homogène! C'est gênant. [Un cinéma] tourné vers le passé. C'est la glorification de la nostalgie. Tout était donc plus intéressant avant. Il y a quelque chose de malsain là-dedans ».

Moi je trouve qu’il y a quelque chose d’intéressant là-dedans. D’abord, ce n’est pas faux. Mais peu importe qu’on soit d’accord ou non, la question a au moins le mérite d’être posée. Et elle mérite qu’on en débatte, aussi. Ceci dit, là où c’est symptomatique, c’est qu’aussitôt, les réactions deviennent émotives au point de faire sauter toute approche intellectuelle de la question.

Je pense que l’art ne devrait jamais se plier à aucune exigence sociétale ou étatique. Par contre, j’aimerais questionner la méthode de financement des films. Je me souviens d’un analyste officiel qui a demandé, lors de la présentation d’une adaptation d’un roman sur la recherche du père, dont l’histoire constitue un huis clos dans une voiture avec deux hommes, un jeune et un vieux, s’il était éventuellement possible qu’un des deux personnages soit une femme, pour ainsi respecter le ration homme/femme propre à notre nation, à nos payeurs – et payeuses – de taxe, qui financent donc notre cinéma.

De là à dire que l’institution en question fait du profilage, il n’y a qu’un pas. De là à dire qu’on faudrait exiger des réalisateurs qu’il y ait tant de pourcentage de Noirs dans leurs films, tant de pourcentage de handicapés, tant de pourcentage de femmes monoparentales unijambistes et avec revenu limité, il n’y a qu’un pas.

Si vous trouvez que le cinéma québécois ne reflète pas la réalité québécoise, lisez donc un peu plus!

Les pompiers

Tabarnak.

Oui, un gros mot, tout seul sur sa ligne, imposant, sonore. Et encore, j’ai retiré le point d’exclamation.

Tabarnak.

Je prends un grand respire, je lâche le morceau et après, je pars en vacances. Ceci dit, devant tant de crétinerie, c’est pour Croatan que je devrais partir. Pour ne plus jamais revenir. Devant tant de bêtise humaine, vaut mieux se retirer, faire comme VLB et prendre le bord des bêtes, ne plus faire confiance à l’espèce humaine.

Vous avez dû lire ça vous aussi, ou au moins l’entendre. La semaine dernière, faisait chaud. La Ville de Montréal a mis en place un programme d’urgence – d’urgence, je le répète, juste pour que ce soit bien compris – qui consistait, pour les policiers et les pompiers, à aller cogner aux portes des appartements pour s’assurer qu’aucune personne âgée ne soit en train de crever de chaud dans son appartement. Or le syndicat des pompiers a dit non… Leur convention collective leur interdit de faire des activités de prévention lorsqu’il fait plus de 30o…

Tabarnak! (Remarquez la présence du point d’exclamation).

Moi qui suit pourtant généralement plutôt sensible à la cause syndicaliste, j’avoue que là, j’ai envie de… de… de je ne sais pas quoi, mais de faire quelque chose de grave.

Il a fallu faire appel au Conseil des services essentiels pour les obliger à aider les gens mal pris.

Dans quel monde vivons-nous, mais dans quel monde vivons-nous…

Allez, on se retrouve début août! J’ai besoin de vacances, loin...

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