Sur la route
Depuis quelques semaines, on entend dire que le tourisme est en crise. Apparemment, nos ami(e)s d’outre-mer, tout comme ceux des États-Unis, ne nous visiteraient plus autant. On parle d’offre touristique, d’organisation des sites, de concertation, de financement, mais jamais on ne parle de nos routes.
Pour descendre dans le Bas du Fleuve, bonne chance! Ça commence sur la rivière Richelieu sur la 20, ou encore tout juste après Repentigny sur la 40, et ça continue, sans cesse, jusqu’à destination. À l’Île Verte, j’ai été coincé 1h30 sur la 132, seule voie d’accès vers l’est. Devant nous, une voiture avec une plaque de Virginie. J’aurais tant aimé être une mouche et aller écouter les imprécations de la petite famille à bord. Bien peur qu’ils ne s’y fassent plus avoir…
Le tourisme, ce n’est pas seulement une histoire d’attraction et de pièges à cons, c’est aussi une question d’infrastructures adéquates. Comme des routes, par exemple…
Québec à vendre
Si ça ne se reproduisait pas d’été en été, on pourrait penser que c’est un effet de la crise, mais chaque fois que je roule sur les routes de nos campagnes – enfin, quand on arrive à y rouler –, j’ai toujours l’impression que le Québec est à vendre.
Des motos, des autos, des roulottes, des tracteurs à pelouse, des meubles, des armoires, des tentes-roulottes, des camions et des cochonneries de toutes sortes; le bord de nos chemins est jonché d’objet dont on veut se débarrasser. C’est peut-être qu’on consomme trop, non? Même les poètes remettent ça d’année en année : jamais vu autant de pancartes « vers à vendre »! Ça m’étonne d’été en été.
Je ne connais aucun autre endroit dans le monde où on vende des vers.
Cirque
C’est assez fou. Moi qui suis pourtant fan de cirque jusqu’au trognon, j’ai tout raté de Montréal Complètement Cirque. Ça avait l’air superbe… Je ne regrette pas mes vacances, mais quand même, l’an prochain, j’en choisirai les dates de manière à ne rien rater.
Ceci dit, j’ai quand même pu voir ID, du Cirque Éloize, vendredi dernier.
Tous les numéros y valent la peine d’être vus, assurément. Le niveau technique, l’interprétation, la polyvalence des artistes : tout est en place pour nous faire passer un sublime moment de cirque. Sauf que le spectacle, dans son ensemble, n’invente malheureusement rien. Si la tentative de mariage entre les arts de la rue et ceux du cirque est louable dans son intention, l’ensemble demeure trop superficiel, et ce, malgré la prémisse prometteuse : une « cité où l’omniprésence de l’image nous fait perdre nos repères. […] une place publique comme un lieu où on se réfugie, où l’on peut sortir de l’anonymat pour exprimer son individualité, pour affirmer son identité. »
Avec un tel a priori, j’avoue m’être attendu à un peu plus de substance, à une trame plus sensible, plus soutenue. Je veux bien aussi que le cirque soit traditionnellement une suite de numéros organisés autour d’une mise en scène trop souvent pic-pic, mais je m’attends du cirque contemporain qu’il explore des moyens narratifs plus soutenus, qu’il ne fasse pas qu’aborder les sujets dans le programme, mais qu’il le fasse aussi sur la scène. Trop souvent, dans ID les procédés de mise en scène se répètent et finissent par lasser.
Rien dans ce spectacle ne dérange ni ne fait peur, alors que pourtant, ce monde, cette fameuse Cité, recèle amplement d’éléments effroyables et dangereux pour qu’on ait été en droit d’en espérer ne serait-ce qu’un frisson minimum, un danger. ID, une caricature de notre monde? Peut-être, sauf que la caricature, lorsqu’elle ne mord ni ne fait rire, tombe un peu à plat.
N’en reste pas moins que les numéros eux-mêmes, si on oublie le contexte dans lequel ils sont présentés nous tirent des wows et des re-wows!
Je ne connais aucun autre endroit dans le monde où on vende des vers.???