Le principe semble simple, pourtant : organiser la signalisation comme si personne ne connaissait ni la ville, ni la route. Identifier les repères importants, les artères principales, les itinéraires suggérés, etc. Du coup, il est largement possible d’entrer dans Paris, dans Londres ou dans New York sans connaître la ville et surtout, sans carte, ni GPS. S’agit simplement de savoir lire.
On se retrouve facilement partout, sauf au Québec!
Il vous est certainement arrivé de chercher un nom de rue dans notre chère Môrial? Depuis qu’un oiseau à cervelle de fonctionnaire a décidé d’enlever trois panneaux de noms de rue sur quatre aux intersections de notre ville, c’est devenu un véritable parcours du combattant pour s’y retrouver. Surtout que la fameuse pancarte avec le nom de la rue n’est jamais sur la même intersection!
Cherchez une rue dans cette ville, si on n’y habite pas, relève de l’exploit. On a beau donner un itinéraire bien précis à nos visiteurs, une fois sur deux ils nous rappellent, perdus dans un autre quartier.
Or depuis quelques semaines, c’est pire que jamais.
Essayez, juste pour le fun, d’expliquer à un de vos amis comment vous rendre depuis le Plateau, mettons, jusqu’à Saint-Henri. Que l’autoroute Ville-Marie daigne être ouverte ou non ne change plus grand-chose : la sortie Atwater est fermée. Par la sortie Université, ça devient complexe à expliquer, merci, surtout qu’on ne trouve pas les noms de rues, comme je disais plus haut. Par le centre-ville, oubliez ça, "because" les travaux du Quartier des spectacles.
Restait, jusqu’à tout récemment, la solution Avenue des Pins – Côte-des-Neiges – Atwater… Sauf que depuis que Docteur-Penfield est éventré et que la circulation est détournée justement sur des Pins, à contresens, ça merdouille là aussi. Reste le détour par Jean-Talon, ou Côte-Sainte-Catherine, pour aller rejoindre Côte-des-Neiges... Eh ben non! Travaux sur Côte-des-Neiges aussi! Sans compter que ça commence à faire un peu long... et qu’il faut passer par du Parc, en travaux aussi. Je suis à veille de proposer à mes amis de sortir par le pont Jacques Cartier, de prendre la 132 sur la Rive-Sud, puis de rentrer par Champlain et… Quoi? Champlain est en travaux?
Ah… Je vous jure, on voudrait couper les communications entre le Sud-Ouest de la ville et son centre qu’on ne s’y prendrait pas autrement!
Et là, on nous annonce qu’on va dépenser des millions pour changer une police de caractère… puis d’autres millions encore pour effacer quelques malheureux graffitis.
Et pendant ce temps, j’entends à la radio une pioche nous raconter, lorsque l’animatrice lui demande « si Montréal était une personne, qui serait-elle? » que Montréal serait « une personne jeune et enjouée, voyageuse et ouverte », je ne peux faire autrement que de sacrer encore un peu, de me dire qu’encore une fois, on nourrit un mythe, qu’on essaie encore de nous faire croire que nous sommes les plus meilleurs! Si Montréal est jeune, eh bien laissez-moi penser qu’elle souffre de sénilité précoce, avec toutes ses rides, ses trous, ses balafres et son manque d’élégance.
Montréal est une vieille peau morte qui gémit sous les assauts des proxénètes patentés qui la viole sans arrêt en lui piquant son fric, en plus.
Je hurle! Je peux bien avoir la voix rauque, tiens!
Petit business lucratif
Vous êtes cassés? J’ai une proposition d’affaire pour vous. Ça demande un peu de bricolage, mais assez rapidement, vous y arriverez. D'abord, construire des pylônes en plastique jaune et rouge, vous savez, ceux qui constituent l’essentiel de notre paysage routier ? Faites-vous un ami au ministère des Transports, ou encore à la Ville de Montréal, et louez-les. Vous les posez une seule fois au début de l’été et vous ne les récupérez qu’à l’automne. En facturant chaque jour au gros prix, à vue de nez, vous devriez arriver à quadrupler votre mise dès la première année.
Ça me permet de mieux comprendre, maintenant, qui sont ceux qui arrivent à se payer des condos à un million et demi, et d’avoir des Porches et des Mercedes à pleins garages.
Je les soupçonne même de sourire de toutes leurs blanches dents lorsqu’ils sont ralentis par les multiples travaux…