Histoires d'ex

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(Photo: Deposit Photos)

Sous mes pieds: Des trous dans mes vieilles chaussettes.

Dans mes oreilles: Ghost tonight, Chairlift.

Dans mon esprit: "Bombing for peace is like fucking for virginity."

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Certains feront partie de notre vie à jamais. D'autres sont un vague souvenir d'une existence passée. Certains gravitent autour de notre cercle d'amis et ça nous convient. D'autres sont incapables de demeurer dans la même pièce que nous. Ou le contraire. Tout le monde a ses ex. Et surtout, tout le monde a ses histoires d'ex.

Ne vous en faites pas, je ne vais pas vous raconter les miennes. D'abord parce que ce n'est vraiment pas si intéressant que ça, mais surtout parce que là n'est pas le propos.

En fait, mes histoires d'ex sont sûrement similaires aux vôtres. Ou pas. Si ça se trouve, elles ont sûrement fait aussi mal ou été aussi signifiantes. Ou pas. Vos histoires d'ex feraient peut-être de bonnes chroniques. Ou pas. Une constante demeure toutefois: Mes histoires d'ex et les vôtres sont là. Parfois comme un gros éléphant dans une pièce, parfois marquées simplement par un gros X sur la ligne du temps de nos vies respectives.

J'ai constaté récemment qu'à l'aube d'une relation nouvelle, les souvenirs de l'ex tendent à refaire surface. Comme si les fantômes de nos anciennes histoires d'amour voguaient au-dessus de nos têtes et de nos cœurs, pour nous souffler: « Hey fille, hey garçon, ce que tu es en train de vivre se rapproche dangereusement de quelque chose que tu as déjà connu. »

Est-ce que c'est bon ou pas ? On fait quoi avec ça?

Au début, il est possiblement de bon aloi d'éviter d'éteindre notre récente flamme avec nos histoires, ne serait-ce que pour ne pas avoir l'air encore empesé par le passé. Une soirée à entendre sa date parler de son ex (en bons ou mauvais termes), c'est pas nécessairement séduisant, non?

Ça me fait penser à une rencontre où le gars m'avait raconté à quel point son ancienne copine était extraordinaire, qu'il aurait dû se marier avec elle, mais que leurs vies avaient pris des chemins différents. Et qu'il lui souhaitait tout le bonheur du monde, "la salope"... Inutile de dire qu'on ne s'est jamais rendu à une seconde rencontre. Bon, il avait aussi passé la soirée à surveiller sa moto par la fenêtre du bar, mais ça c'est une autre histoire...

Bref, si la relation va bien et prend son envol, les langues se délient un peu et on parle de notre passé amoureux. En fait, je dirais même qu'il est souhaitable d'en discuter. On a envie de partir avec une ardoise plus ou moins vierge, non ? Les secrets, les casse-tête auxquels ils manquent des morceaux, les relations troubles...tout ça ça peut te fucker une base assez vite, merci.

Évidemment, il faut quand même faire attention à ce qu'on dit, puisqu'on ne veut pas élever l'ex au rang de héros de guerre ou encore salir sa mémoire. On veut en parler mais sans passer pour la personne qui dénigre l'ex (et de surcroît son propre passé) ou pire encore, pour celui ou celle qui n'est pas over it.

On a tous un bagage affectif. Mon curriculum amoureux n'est pas plus ou moins reluisant que celui d'un autre. Ce serait toutefois de se mettre la tête dans le sable que de penser que le nouvel objet de notre affection n'ait connu que nous et personne d'autre.

Et quand la nouvelle relation prend du gallon, les fantômes d'histoires d'ex tendent à refaire surface pour nous rappeler certains patterns. Des modèles à répéter à tout prix ou à fuir comme la peste, c'est selon...

Cela dit, je peux compter sur les doigts d'une main (et encore) les ex qui ont des relations amicales saines autour de moi. C'est rare et quand ça existe, c'est vraiment précieux et unique. J'ai déjà eu des amoureux proches de leur ex et honnêtement, parfois j'étais à l'aise au point de bien m'entendre avec ladite fille, parfois pas du tout.  J'ai bien peur que lorsqu'on parle d'ex, c'est du cas par cas...

Je réalise toutefois qu'à l'âge que j'ai (ouch), j'ai moi-même vécu des histoires d'amour importantes. Je demeurerai en quelque sorte amoureuse toute ma vie de ce(s) gars. Je peux donc comprendre que des liens indéfectibles persistent entre deux personnes. Impossible de s'y interposer. Et surtout, inutile et non-souhaitable.

Qu'on ait été laissé ou qu'on soit la personne qui ait pris la décision, ou même que le couple soit sorti de scène d'un commun accord, cela importe peu. On a tous un bagage affectif. Mon curriculum amoureux n'est pas plus ou moins reluisant que celui d'un autre. Ce serait toutefois de se mettre la tête dans le sable que de penser que le nouvel objet de notre affection n'ait connu que nous et personne d'autre.

Beau gros fouillis, hein?

Tout le monde a ses ex. Et ses histoires d'ex. Et je suis de celles qui croient que les ex et les histoires qui viennent avec contribuent à nous forger et à faire partie de nous. La place que l'on choisit de leur faire nous appartient. Du coup, il faut s'assurer d'être confortable avec l'espace qu'ils occupent dans la vie de nos amours actuelles. Pour le reste...

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Accepté: Joseph Arthur. Sa discographie dormait dans mon Itunes depuis un moment. Je le découvre avec plaisir ces jours-ci. Idéal pour les amants de folk-rock, d'oversampling et de beaux mots.

Refusé: Une des histoires les plus wacks qu'il m'ait été donné de lire.  Luis Mijangos est un pirate informatique qui a réussi à entrer dans les ordinateurs de ses victimes et même dans leurs webcams pour les filmer et accéder à toutes leurs données par le biais d'un simple courriel. Il les faisait ensuite chanter en leur montrant des vidéos d'eux dans leur intimité. La technologie fait peur, parfois. Ou souvent.

 

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