Montréal-les-amours

Geneviève Allard
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(Photo: Deposit Photos)

Sous mes pieds: J’imagine les rues de Rome et de Florence…en octobre!

Dans mes oreilles: Le premier album d’Elliot Maginot. (voir accepté en fin de chronique)

Dans mon esprit: "Be the most wonderful expression of you that you're capable of." -Marianne Williamson.

 

***

Je ne sais pas trop quoi en penser, mais plusieurs de  mes amis m’envoient des articles et des réflexions sur le célibat, l’amour, le vivre seul… J’imagine que je porte l’étiquette de la jeune femme indépendante en quête d’amour. Mes chroniques et mes sujets de prédilection peuvent effectivement faire pencher la balance de ce côté. Mon ami Y. dit même que des filles comme moi font peur aux gars puisque elles renvoient notamment une image d’autonomie à tout prix, et que cela est intimidant pour bien des hommes. Vraiment?  Je n’affiche aucune vulnérabilité ? Et moi qui me faisait la réflexion la semaine dernière que je devais arrêter de faire pleurer mon lectorat, et d’être si émotive et fragile dans mes écrits…

Bref, voilà un autre sujet sur lequel je reviendrai sans l’ombre d’un doute!

Mais parlons d’une des lectures suggérées par mon entourage. Il y a quelques temps, une amie m’a fait parvenir le texte Is your city making you single?d’Amanda Hesse dans la revue The Atlantic. Hum… J’ai déjà écrit sur le fait que la géographie de nos amours était telle que lorsqu’on vivait une rupture, on se retrouvait souvent apatride et avec beaucoup trop de repères amoureux cartographiés dans notre ville. Je ne me suis toutefois jamais questionnée à savoir si le fait de vivre dans une métropole comme Montréal était une des « responsables » de mon célibat (et ho! Je ne me pose pas en victime en passant là!)

L’auteure américaine élabore quelques arguments étayés de faits et statistiques que je vous invite à lire. Cela dit, je retiens personnellement principalement deux énoncés. 

“The task of having to choose is often experienced as suffering, not pleasure. […] The explosion of choice has made it more difficult overall for people to identify what they want and how to get it.”

 

Encore ce fichu syndrome du FOMO, cette foutue théorie du « je peux toujours me trouver un stationnement plus près de la porte du centre d’achats », cette propension à préférer gratter la surface que d’aller voir ce qu’il y a en dessous, parce qu’il peut toujours y avoir mieux.

C’est vrai que dans une ville comme Montréal, le choix est grand. Plus de beau monde, plus de célibataires… Et bon, c’est vrai qu’il est ici facile de se faire un torticolis à force de se tourner la tête pour regarder les gars et les filles qui déambulent.  Sauf qu’en comparaison à n’importe quelle autre ville du Québec, puisqu’on se limitera à ça pour les besoins de la chronique, il y a aussi plus de tout. Plus de laids, plus de gens en couple, plus de jeunes, plus de vieux, plus de riches, plus de pauvres, etc…

Comme l’auteure, je crois qu’on pourrait penser que plus de choix égal plus de plaisir et de possibilités de tomber sur le bon numéro, sauf que c’est aussi penser quotidiennement, parfois plusieurs fois par jour, qu’il y a peut-être quelque chose de « plusse meilleur » ailleurs. C’est risquer de tomber dans le panneau du « Et si… ? »

Je crois qu’on pourrait penser que plus de choix égal plus de plaisir et de possibilités de tomber sur le bon numéro, sauf que c’est aussi penser quotidiennement, parfois plusieurs fois par jour, qu’il y a peut-être quelque chose de « plusse meilleur » ailleurs. C’est risquer de tomber dans le panneau du « Et si… ? »

Est-ce que l’abondance de choix est l’apanage des grandes villes ? Je ne saurais dire, mais comme il est « métaphorisé » dans l’article, quand il y a plus qu’une épicerie sur le territoire, il peut être plus difficile de choisir où on va acheter notre moutarde…et quelle sorte on va choisir en plus.

Paradoxalement, un autre argument d’Amanda Hesse repose sur l’étendue d’un territoire et son accessibilité. Si à New York, les gens semblent se fréquenter à l’intérieur de leurs quartiers, les célibataires de Los Angeles ne perdraient pas de temps avec quelqu’un qui habite à plus de 40 kilomètres de distance, même si tout le monde, paraît-il, a une voiture dans la cité des Anges.

”In Los Angeles, everyone drives, and that presents a related logistical challenge—if New York is too big, Los Angeles is too wide. Not everyone is inclined to navigate three freeways for the chance to get laid, stone sober.”

Il est vrai que la plupart des sites Internet de rencontre proposent aujourd’hui de trouver quelqu’un à une distance raisonnable de chez soi. Je me souviens m’être déjà dit que j’aurais bien du mal à dater quelqu’un qui habite à Anjou…Parfois, je trouve même ça loin aller dans Villeray…Et si l’amour était à Longueuil ? Encore plus, est-ce qu’on se pose moins ces questions à Saint-Eustache? Trois-Rivières ? Baie-Comeau? Je ne sais pas, mais suivant ce raisonnement, je me dis que mon quadrilatère amoureux et social n’est pas bien plus grand qu’un village de toute façon… Et si l’amour se trouvait à Rivière-des-Prairies ou NDG? (Encore et si…)

Je pourrais continuer à faire du pouce sur cet article pendant quelques lignes encore, puisqu’on y parle aussi du fait que le « paraître » et le coût de la vie font notamment que les jeunes célibataires de ma génération sont davantage préoccupés par leurs (souvent maigres) salaires, leur précarité et les apparences qu’ils ont du mal à maintenir le rythme des rencarts de qualité. Ou bien ils se ruinent financièrement pour épater la galerie et suivre les « standards » de la drague en milieu urbain, ou bien ils instagramisent leurs plats et leurs drinks et ne regardent pas dans les yeux l’objet de leur affection assis de l’autre côté de la table.

Man, je suis épuisée.

Je vais me reposer la tête un brin. Anyway, j’ai un autre article à lire qu’un ami m’a envoyé. Du Guardian cette fois-ci. Scrap that single woman stereotype… Je vous reviens (soupir).

 

***

Accepté: Elliot Maginot, jeune auteur-compositeur-interprète folk d’Hochelaga-Maisonneuve. Pensez Jason Bajada rencontre Simon & Garfunkel. J’ai eu la chance de le voir en concert dans le cadre de Zone Homa, en formule double avec Emilie Proulx. Il était accompagné de Sarah Bourdon, une voix et une présence magnifique.  J’ai fondu pendant le concert, et j’ai cru que mon cœur allait exploser quand les deux ont interprété une chanson de Bon Iver, un de mes groupes préférés à vie. 

Refusé: Le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui prend tous ses concitoyens pour des imbéciles heureux en jouant au gars qui n’a aucune intention de déclencher des élections. En plus d’être insultant pour la collectivité, il y ajoute un petit rictus arrogant. Indigne d’un chef d’État.

 

Lieux géographiques: Rome, Montréal, Québec New York Los Angeles Cité des Anges Anjou Longueuil Saint-Eustache Trois-Rivières Baie-Comeau Rivière-des-Prairies

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  • Patrice Cormier
    15 novembre 2012 - 19:52

    Bonjour Mme Allard Comme vous serez parmi nous mardi prochain au comité média et communications du quartier Ste-Marie, je me devais de faire un petit google sur vous. Rassurez-vous, je ne me propose pas comme postulant en vue de combler votre célibat ni d'arriver avec une liste de noms de candidats potentiels (quoique mon fils...non oubliez cela). Juste un mot pour dire que si votre habileté au partenariat est égal à votre plume, cela augure bien. Patrice Cormier