Politique

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Cette chronique devrait parler d’art et de culture et je parle trop souvent de politique.

(Photo: archives)

Je me réveille d’un cauchemar où mes doutes et mes espoirs ont été agressés et bousculés. Un enfer et un purgatoire sans paradis, qui se chevauchent au cœur de mes peurs, doutes et désirs les plus profonds.

Le cauchemar se poursuit : nous en réveillerons-nous jamais? Qu’est-ce que voter? Quelque chose a-t-il changé dans le jeu des stratégies, le chœur des sirènes et l’odeur de venin des vipères?

Je continuerai donc à m’en remettre aux œuvres, là où les rêves prennent racines, dans l’espoir d’une impression de paradis, au moins, fut-il artificiel. L’art, là où rien ne devrait avoir besoin de s’expliquer, de se justifier. L’art, comme la philosophie, devrait poser les questions sans se sentir obligé d’y répondre.

Outre les tonnes et les tonnes de manuscrits que je parcoure, je lis trop peu de mes contemporains. Mais depuis quelques jours, je rétablis mon repère citadin. Tandis que je refais mes bibliothèques, j’en profite pour feuilleter, classer et redécouvrir mes livres. J’en reconnais un, là, qui m’a nourri, un autre qui m’a coupé le souffle, un qui m’a rempli d’oxygène sublime, et celui-là, tiens, celui-là qui, comme un mauvais ami, m’a trahi.

Vu sur FB : My desire to be well-informed is currently at odds with my desire to remain sain. (Mon désir d’être bien informé est présentement en désaccord avec mon désir de demeurer sain d’esprit)

Noté il y a quelques mois : Litterature should not disappear up it’s own asshole, so to speak. (La littérature ne devrait pas disparaître dans son propre trou de cul, pour ainsi dire) Kurt Vonnegut.

 

Ma bibliothèque

Pour ranger mes livres, j’ai longtemps favorisé l’ordre alphabétique : pratique, pas très joli et difficile à gérer selon la hauteur des tablettes – j’aime l’asymétrie. J’ai ensuite voulu séparer les genres : les essais par ici, les romans par là, la poésie dans ce coin-ci, les biographies dans ce coin-là, les BDs sur de grandes tablettes… mais encore, la différence entre les formats ne rend pas la bibliothèque nécessairement jolie. Pratique, certes, mais pas jolie. Cette fois-ci, j’essaie un nouveau système, joli, mais pas pratique du tout : le classement par maison d’édition.

Si vous possédez plusieurs livres de la même maison, ça fait blocs de couleurs, ça fait collection, sauf qu’en plus de devoir se rappeler de la maison ou tel ou tel auteur a publié tel livre, on se rend vite compte qu’il y a tellement d’éditeurs que de larges pans de la bibliothèque sont aussi peu jolis que sous les autres méthodes de classement. Ni joli, ni pratique, on ne trouve plus rien.

Fut un temps où la relation entre un auteur et son éditeur était aussi fiable que le mariage de nos grands-parents. Aujourd’hui, à l’image d’une certaine vision contemporaine du couple nucléaire, les auteurs semblent butiner, se déplacer, aller à gauche et à droite, sauter la clôture.

De toute manière, qui, outre les gens de livres eux-mêmes, accorde une quelconque importance aux éditeurs? Ce sont les auteurs qui attirent nos attentions.

Je vais donc tout remettre en ordre alphabétique d’auteur : phoque les classements par maison d’éditions!

 

Denis Blanchette

Je n’écrirai pas sur l’attentat perpétré mardi soir dernier au Métropolis. Pas encore. Pas tout de suite. Besoin d’y réfléchir.

Je profite toutefois de cette tribune pour présenter toutes mes sympathies aux proches et à la famille de Denis Blanchette, et tout particulièrement à sa petite fille de quatre ans.

Je m’étonne qu’on appelle ce meurtre un attentat alors qu’aucune accusation n’ai été portée à cet effet. C’est moi qui suis dans le champ, ou bien qui dit attentat, sous-entend terrorisme?

Le printemps dernier, c’était quoi déjà l’accusation portée aux jeunes pour avoir déclenché des fumigènes dans le métro?

Incitation à craindre un acte terroriste?

Ah bon.

 

Petite fiction

Mettons que je sois en tabarnak contre le gouvernement de l’Alberta, peu importe la raison, mettons juste que je sois en tabarnak contre le gouvernement de l’Alberta. Je pars avec cinq guns (tous enregistrés) et un bidon d’essence et je me rends à l’endroit où le nouveau (ou la nouvelle) premier ministre prononce son discours devant ses partisans. Mettons, disons, supposons, que je crisse le feu et qu’au passage je tue un technicien et en blesse un autre qui tentaient de s’interposer. On me pogne, on me passe les menottes et en me poussant vers le char de police, je crie : The ecologists are waking up, the ecologists are waking up!

Pensez-vous vraiment que je ne serai pas accusé d’« incitation à craindre un acte terroriste »? Voire même d’attentat terroriste?

N’aurais-je alors qu’à espérer que mes amis écolos me fassent passer pour un fou?

Plutôt simple, mais j’ai encore besoin de réfléchir.

Et surtout, d’arrêter de me laisser remplir par une certaine presse insensée.

Lieux géographiques: Alberta

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