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Cible de Dieu : une chorégraphie acrobatique de Jacques Poulin-Denis

(Photo: gracieuseté)

(Photo: gracieuseté)

Publié le 23 Novembre 2009
Publié le 16 Juillet 2010

Une chronique culturelle du journaliste citoyen Michel Poisson

Du jeudi 19 au dimanche 22 novembre, Jacques Poulin-Denis présentait en tant que chorégraphe, musicien, comédien, humoriste, danseur et acrobate, un spectacle étonnant et divertissant à l’espace Tangente.

Sujets :
Séoul

En première partie, le chorégraphe et musicien offre l’extrait Tempo de la pièce Practices, créée lors d’une résidence de sept semaines à Séoul.

Dans l’extrait de 15 minutes, trois danseuses pratiquent, en position debout et fixe, des mouvements synchronisés lents et parfaitement contrôlés. Il s’agit d’une séquence d’exercices physiques imposés dans les écoles primaires coréennes primaires durant l’occupation japonaise (1910-1945) et encore pratiquée aujourd’hui; d‘ailleurs, les trois danseuses complètent l’extrait en s’épongeant et en essuyant soigneusement le plancher humidifié par leurs pieds nus. Les rythmes électro-acoustiques de Jacques Poulin-Denis permettent de transformer cette séance d’aérobie à saveur tai-chi en chorégraphie envoûtante.

L’impressionnant artiste multidisciplinaire poursuit, en solo durant 45 minutes, sa chorégraphie acrobatique Cible de Dieu. Nous y découvrons un danseur asymétrique en quête d’équilibre. Ses partenaires de scène viennent perturber ses performances : le CD du célèbre Fur Elise de Beethoven refuse de démarrer; le micro a des ratés; le parapluie ne veut pas tenir en équilibre et devient graduellement le souffre-douleur d’un artiste de plus en plus frustré; la chaise, trop légère et glissante, empêche le danseur d’exprimer son lyrisme.

Tous ses désagréments transforment la chorégraphie rêvée en humour pathétique (« je m’excuse ») et en acrobaties qui révèlent un artiste en grande forme physique et à l’équilibre impressionnant. À la première du 19 novembre, certaines spectatrices rient généreusement des déboires du danseur et appuient trop l’aspect clownesque de ce Pierrot triste. Cela dit, l’ensemble est distrayant, aucun ennui, et les messages sont clairs. En finale, le comédien s’évade dans la remémoration d’un voyage de rêve et quitte brusquement la scène au moment où la musique prévue au début accepte enfin de démarrer.

Jacques Poulin-Denis est un créateur audacieux, courageux et d’une vulnérabilité touchante. À découvrir et à suivre. Michel Poisson

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