Ces jours-ci, dans ma boite courriel je reçois les e-letters de la liste d’envoi des Filles Électriques. Avec passion et détails, D. Kimm, la fébrile et combattante directrice artistique du festival Voix d’Amériques y décrit la programmation inspirée de son festival et nous convie à une semaine d’hyperactivité artistique.
Cette année, en parallèle de la programmation officielle qui a comme quartier général son habituel périmètre de la Salla Rossa et de la Casa del Popolo, le festival établit un port artistique au Théâtre La Chapelle avec le spectacle Benu. C’est en fait Jack Udashkin, le directeur artistique du Théâtre La Chapelle, qui est le commissaire de ce spectacle présenté entre ses murs du 6 au 14 février.
Bi.young, la jeune praticienne du théâtre et également poète Dub, interprète et auteure du spectacle a la réputation d’offrir des performances intenses et guerrières. Elle a fait un passage remarqué à Montréal en 2008 après avoir raflé 2 prix Dora Mavor Moore à Toronto en 2006 pour sa création Blood.claat.
Dans Benu, elle incarne une jeune femme de 30 ans qui vient de donner naissance dans un hôpital de Toronto. Sa pression sanguine augmente et elle souffre de terribles maux de tête. Une série d’étranges maladies physiques et mentales se déclenchent à la suite de son épidurale. Elle raconte ses angoisses et ses questionnements de jeune mère et s’interroge sur son propre statut d’enfant. Il s’agit selon ses termes d’une narration auto-fictionnelle-mythologico-graphique inspirée de sa récente expérience de la maternité.
La mise en scène du spectacle repose sur un simple drap blanc sous lequel Bi.young surgit pour évoquer Benu à différentes époques de sa vie. Elle personnifie également d’autres personnages tels que sa grand-mère et une infirmière. Le procédé théâtral est simple et enraciné dans la tradition africaine. Il devient toutefois répétitif et s’appuie presqu’en totalité sur le jeu de la performeuse. Le soir de la première, probablement sous l’effet d’une grande nervosité, les différentes métamorphoses et incarnations de l’interprète étaient faites avec précipitation. Les paroles étaient dites à un rythme effréné et avec peu de finesse dans l’interprétation. Ce spectacle fragmenté donne l’impression d’une suite de « faits saillants » de vie et de souvenirs d’enfance émis à grande vitesse.
Il y a aussi la musique jouée sur scène par les musiciens Waleed Abdulhamid et Laurence Stevenson qui souligne de manière convenue la voix des ancêtres et les maux de tête du personnage par un strident son de violon. Voici une production qui trouvera, je le souhaite, son rythme et sa maturité poétique au cours de la semaine du festival.
Benu au Festival Voix d'Amériques
Un compte-rendu de notre collaboratrice citoyenne Anne-Sophie Carpentier
L’auteure et conteuse Jamaïcaine-canadienne Bi.young explore les thèmes de la filiation et de la maternité avec Benu, le second spectacle solo de sa trilogie Sankofa trilogie présentée dans le cadre du Festival Voix d’Amériques.
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