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Do animals cry : un théâtre animalier sur la famille totale



Publié le 2 Mars 2010
Publié le 16 Juillet 2010
 

Un compte-rendu de notre collaborateur citoyen d'un soir Eric Fournier

Est-ce que les animaux pleurent? Voici l’une des nombreuses questions que nous propose la compagnie Damaged Goods (Bruxelles) dans Do animals cry. On y met en scène une famille à l’image de la postmodernité : éclatée, débridée et sans queue ni tête. Complètement fuckée quoi. Parfois soumis, parfois dominant, souvent possessif mais toujours dépendant de l’assentiment de l’autre, les protagonistes nous font passer à travers une palette de sentiments et de réflexions sur nos rapports filiaux.

L’homo-caninisé vit dans un monde où l’humanité est capable des pires animosités. La chorégraphe Meg Stuart fait de ce parallèle entre l'Homme et le chien une pertinente proposition esthétique et philosophique.

De facto, la pièce nous place dans une position canine. Dans l’attente que quelque chose arrive. Que l’on s’occupe de nous. Ce que la troupe se charge enfin de faire avec brio en donnant une performance qui a du chien et du mordant.

Se présentant avec le surnom qu’ils se donnent amicalement en famille, Anja, Anouchka, Kotomi, Koti, Darling, Bastard, Jo, Jo-Fucker, Sperm-burger, Faggot ou Frankie interprètent des rôles interchangeables calqués sur le naturel animalier des relations familiales, voire familières. Parfois coquine, parfois compétitive ou vindicative, la scène de l’obscène s’agite et les personnages traversent le tunnel du temps et des souvenirs jusqu'à épuisement total des possibles grégaires, des familiarités amour-haines et des recherches de constructions identitaires.

Bien que nous puissions aisément identifier les différentes thématiques abordées, il est difficile d’y trouver un fil conducteur. Cette difficulté fut peut-être calculée par l’équipe de Meg Stuart et Damaged Goods (Joris Camelin, Alexander Jenkins, Adam Linder, Anja Müller, Kotomi Nishiwaki, Frank Willens, (créateurs-danseurs) et Bart Van den Eynde (dramaturge). Sans-doute la meilleure manière de représenter l’ordre dans le chaos est de laisser chacun y trouver son propre sens.

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