C'est Edison et cette dernière invention qui est le point de départ du grand monologue qu'est la pièce de Claude Paiement et Frédéric Desager. Portée par Frédéric Desager, la pièce met en parallèle la tentative d'humanisation de la peine de mort grâce à l'invention de la chaise électrifiée, et la déshumanisation de l'opérateur de la machine qui oublie ce à quoi elle sert.
La chaise est donc une comédie noire qui amène le spectateur dans l'univers d'un singulier réparateur de chaise électrique. De concierge de pénitencier, il devient, par un concours de circonstances, technicien de la salle D-31, où on lieu les exécutions des prisonniers condamnés. C'est d'ailleurs à une exécution que l'on devrait assister, l'horaire est bien préparé, on nous explique en détails ce que l'on devrait voir à 21h59m51s.
Un incident grave se produit, bouleversant la soirée et l'équilibre mental de monsieur Todd. Desager devient alors les flashbacks des interventions du chef de la prison, le père de Todd lui racontant l'histoire du premier condamné à mort qui fut électrifié, monsieur Robinson attendant dans le corridor de la mort, Thomas Edison qui pour tenter de promouvoir sa vision de l'électricité, accepte, contre ses principes, de créer un engin qui enlèvera la vie et Todd, pauvre bougre qui, pensant améliorer le sort des condamnés, oublie que la mort, si douce semble-t-elle reste tout de même la mort.
Nous devons saluer le talent de Frédéric Desager qui doit, pendant une heure trente, rester concentré et rendre crédible chacun des personnages auxquels il prête sa voix. Malgré un rythme parfois inégal, la pièce saura tout de même vous faire rire, bien qu'il se peut fort bien qu'un moment de malaise en soit la cause.
La chaise
À la salle Jean-Claude Germain
Du Théâtre d'Aujourd'hui
Jusqu'au 12 novembre 2011