Ma fille :
Pendant mon adolescence, je lisais régulièrement des textes de Molière pour me divertir.
Le Bourgeois Gentilhomme représente un de mes textes préférés. Étant donné que cette pièce a maintes et maintes fois été jouée, une mise en scène audacieuse s’imposait. À mon avis, Benoît Brière a réussi ce tour de force avec brio. Pour se faire, il a adopté une approche contemporaine, telle que des costumes extravagants, l’accent québécois par moment et il a rajouté des fourberies. Ce qui m’a personnellement laissé perplexe. Je crois que ces éléments distraient le spectateur et je dirais même font fi de son intelligence à comprendre toute la subtilité dans les écrits de cet imminent personnage. Je suis demeurée septique tout au long de la pièce, à moitié déstabilisée, à moitié amusée. Cependant, à la tombée du rideau et après le troisième salut des comédiens devant les applaudissements prolongés de la foule debout, j’étais convaincue d’une chose, le grand public a aimé.
Moi :
Je suis heureuse d’avoir partagé ce beau moment de rires, parfois aux larmes, avec toi. J’ai beaucoup aimé l’analyse sociale à travers les personnages que voici: le bourgeois roturier qui aspire à faire partie, coûte que coûte, des gens de la noblesse, se ridiculise royalement et il finit par mettre sa famille en péril. À l’inverse, la femme du bourgeois, rabat-joie et conservatrice, donne l’accord à sa fille et à son amoureux de se marier. Pour y arriver, elle consent à duper son époux qui ne trouvait pas le parti assez convenable pour sa descendance. Le philosophe se moquait éperdument du bourgeois qui ne cessait de l’argumenter sans rien connaître. Les artistes musiciens, danseurs de ballet et couturiers, cherchant à vivre de leur art, se voyaient obligés d’accepter des contrats de maîtres instantanés , de se concurrencer férocement et de flatter faussement le bourgeois pour mieux le manipuler. Ce dernier se fera berner, également, par son soi-disant ami noble qui lui vole sa richesse et l’amour qu’il éprouve pour une marquise. Les valets agissaient tantôt comme les conseillers officiels de leurs maîtres respectifs, tantôt comme des personnes soumises. En espérant fuir leurs conditions actuelles, tout ce beau monde ne se doute nullement qu’il contribue plutôt à les perpétuer. Personnellement, je n’avais jamais lu les œuvres de Molière, mais cette pièce m’a donné le goût d’en connaître un peu plus sur ce grand auteur, dont les précieux écrits me semblent encore d’actualité.
Ma fille :
Oui effectivement, Molière critiquait et se moquait de la bourgeoisie, alors qu’il était invité à produire ses pièces pour des membres de la royauté …. Ses écrits ont fait l’objet de plusieurs controverses et l’auteur fut sévèrement jugé à maintes reprises.
Fin de la discussion pour l’instant….
Je tiens à féliciter Benoît Brière pour son travail colossal ainsi que toute la belle distribution pour leur interprétation remarquable, tout en proses. Le rôle du bourgeois allait très bien à Guy Jodoin (M. Jourdain dans la pièce) qui a su l’interpréter magistralement.
Je vous invite à voir Le Bourgeois Gentilhomme et à vous laisser aller à rire, ça fait du bien! Ensuite, si vous voulez, utilisez cette pièce comme un déclencheur de discussions et de rapprochements. Personnellement, elle m’a permis de découvrir un autre aspect de ma fille bien aimée, dont je suis très fière. Une autre preuve que le ridicule de tue pas, au contraire!
Le Bourgeois Gentilhomme est en supplémentaire au TNM jusqu’au 18 février 2010.
Yolande Naggar, collaboratrice citoyenne
Une belle soirée avec le Bourgeois Gentilhomme
Un compte-rendu de notre collaboratrice citoyenne, Yolande Naggar
J’ai eu le grand plaisir d’assister à cette pièce en compagnie de ma fille Rose samedi soir dernier. Pour la présente critique, j’ai pensé que ce serait intéressant de vous la présenter sous forme d’une discussion entre elle et moi que nous avons échangée à la suite de cette belle soirée.
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