Sur scène, dans un décor évoquant la typique maison familiale, Louison Danis, Michel Dumont et Benoît McGinnis se partagent les mots de Serge Boucher. Lui qui nous a rivé à notre petit écran avec la très prenante télésérie Aveux récidive avec un thème qui lui est cher, les liens familiaux complexes et refoulés.
Un thème porteur qui, aux yeux de l’auteur, apparaît comme une source sans fin de jeux cachés et de non-dits. Clin d’oeil évident à Tremblay, Excuse-moi est campé dans une réalité très québécoise.
Comme les douleurs qui s’enracinent au fond de la mémoire, on retrouve le personnage fétiche de Boucher, François, qui confronte ses parents à la réalité et à ce qu’ils sont devenus.
À travers différentes époques, François va à la rencontre de sa mère et de son père. Un Michel Dumont brillant, pourtant sombre, en père alcoolique qui se cherche et se perd. L’acteur prouve encore une fois son grand talent et joue sur scène avec une aisance déconcertante.
Avec conviction, Louison Danis livre une performance hurlante de vérité, dans la peau de cette mère accroc au jeu, forte, mais vulnérable. Elle offre aussi les moments les plus drôles. Benoît McGinnis s’avère un choix efficace dans le rôle de ce jeune homme en quête de sens. Aussi narrateur de l’histoire, il porte la voix de Boucher très loin.
La longue collaboration de René-Richard Çyr avec l’auteur explique probablement cette symbiose entre les mots et les gestes. Une humanité se dégage de ces personnages. Le courant passe. Derrière ce déni et ces phrases préfabriqués, ces drames parsemés d’humour, ou l’on rit pour ne pas pleurer, les personnages de Boucher cachent mal leur amour. C’est ce qui les rend si humain.
Excuse-moi n’a rien à se faire pardonner. Les grippés et les tousseux, par contre...;P
Philippe Lemieux