Artères Parallèles



(Photo: gracieuseté Catherine Aboumrad)

(Photo: gracieuseté Catherine Aboumrad)

Publié le 5 Mars 2010
Publié le 16 Juillet 2010
 

Un compte-rendu de notre collaborateur citoyen, Julien Beauregard

Sujets :
Théâtre Prospero

Du 3 au 20 mars, au Théâtre Prospero, est présenté Artères Parallèles d'après un texte d'Annick Lefebvre et mise en scène par Maude Gareau. La pièce d'une durée de deux heures sans entracte raconte la difficile existence de deux personnages, Laurent (interprété par Mathieu Lepage) et Anne (interprétée par Laetitia Bélanger et Louise Proulx), qui partagent un discours des origines difficilement assumé.

Chacun ayant vécu une rupture émotionnelle commune qu'ils ont colmaté avec un imaginaire morcellé qui se voulait le complément de la perte d'un être cher. Pour Laurent, il s'agit de son père, Philippe, que la mort a saisi alors qu'il n'était qu'un enfant alors que, pour Anne, c'était l'homme dont elle était amoureuse malgré qu'il ait fait sa vie dans les bras d'une autre femme. Anne ne l'a jamais accepté. Pour combler cette disparition, elle a accouché l'illusion d'Estelle qui a bercé la filiation de cet amour regretté et qui, par extension, devint pour Laurent une soeur imaginaire.

Louise Proulx assume le rôle d'Anne, une dame âgée affligée par la démence que guette l'Alzheimer. Elle réanime les souvenirs corrompus par ce refus fondateur dans lesquels Laetitia Bélanger incarne la figure référentielle des épisodes hachurés de sa jeunesse, entrecoupés des scènes de Laurent (Mathieu Lepage) qui, à la différence d'Anne, évolue sous nos yeux dans une chronologie saisissable.

Les personnages évoluent dans un décor commun meublé d'une multitude d'artifices qui se prêtent aux différentes scènes. On pourrait reprocher la surcharge de certains éléments qui se veulent une béquille symbolique au texte. Je pense, entre autres, à ce noeud de chaînes dominant l'espace scénique que les personnages dénouent au fur et à mesure de l'évolution de la pièce. La musique meuble parfois efficacement le contexte lorsqu'elle n'est pas simplement esthétique. Pour ce qui est de l'apparente déconstruction de l'histoire, la conclusion a le mérite de résorber toute cumulation de confusion. Heureusement, la ponctuation d'un humour circonstanciel permet de tempérer la lourdeur du tragique. On sort du Prospero la conscience tranquille. Artères Parallèles est stimulant intellectuellement et mérite d'être applaudi pour sa créativité et son audace. Julien Beauregard, collaborateur citoyen

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