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Icaro: entre tradition et contemporanéité



Publié le 19 Mars 2010
Publié le 16 Juillet 2010
 

Un compte-rendu de notre collaboratrice citoyenne, Audrey Bluteau

Daniele Finzi Pasca, est connu pour avoir mis en scène les spectacles Nebbia, Rain et Nomade du Cirque Éloize ainsi que le spectacle Corteo, du Cirque du Soleil

Sujets :
Teatro Sunil , Montréal

Il y a dix ans, il ravissait les spectateurs de Montréal, pour lesquels il était un parfait inconnu, en leur présentant une œuvre d’une grande sensibilité, Icaro. Créé, il y a 15 ans, Icaro, est un spectacle conçu pour un seul spectateur. Daniele Finzi Pasca, en alliant le théâtre, l'improvisation, la performance et l’art clownesque (dans la tradition de la Commedia dell’arte), compose une œuvre originale et humaine. Aujourd’hui, une décennie après les premières représentations, la magie opère encore et Icaro, fait l’effet d’une douce brise d’été dans le paysage théâtral.

Avant le début de la représentation, Daniele Finzi Pasca prend quelques instants pour introduire sa création et choisir un spectateur qui aura le privilège de lui donner la réplique. Il est difficile de ne pas succomber au charme de cet italo-suisse, sa bonne humeur et son énergie sont communicatives. Toute sa personne respire la joie de vivre, l’enthousiasme, l’intelligence et l’humour. Icaro, une des pièces fondatrices de sa compagnie Teatro Sunil, ressemble à son créateur. Le personnage principal fait penser à Arlecchino qui aurait été transposé dans une pièce contemporaine. Il semble naïf, enfantin, mais à certains moments, offre des réflexions sombres, profondes. Le sujet est délicat, on comprend vite que les personnages sont possiblement en fin de parcourt et attendent la mort dans une chambre au troisième étage d’un hôpital tenu par des « petites sœurs ». Le personnage de Pasca, grâce à l’imagination a appris à voler pour fuir son univers, il entraîne bientôt son nouveau compagnon de chambre dans son délire en lui insufflant un peu d’espoir pour qu’il oublie, l’espace d’un instant son destin.

Comme le personnage du nouveau venu change à chaque représentation, le plaisir se renouvelle différemment à chaque soir. Le dosage savant entre le rire et le tragique réjouie et rend la tristesse des propos supportable. Nous pardonnerons les brisures du rythme dues à l’utilisation d’un spectateur comme acteur, les maladresses rendent encore plus touchantes l’œuvre. Une pièce à voir, ne fusse que pour voir comment il est possible de créer une œuvre contemporaine sans rejeter toute la tradition, en amalgamant le meilleur des deux mondes. Icaro est présenté à l’Usine C jusqu’au 7 avril 2010. Audrey Bluteau, collaboratrice citoyenne

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