D’entrée de jeu, le décor donne le ton : des maisonnettes rouge pompier cernent la scène, campant l’univers de la banlieue. Puis, les artistes font leur entrée. Leurs costumes colorés ne laissent aucun doute : cette banlieue, c’est celle des années 50, la même que celle de Pleasantville et où tous doivent se conformer, tant bien que mal.
Pendant l’heure et demie que dure le spectacle présenté dans une TOHU pleine à craquer, les numéros impressionnent : c’est le cas des acrobaties où voltiges et portés sont exécutés avec brio, d’un jeune homme qui jongle avec des « briques », d’un bref numéro d’équilibres à vélo empreint de poésie et de légèreté, de même que du tissu aérien mené de corps de maître par une jeune femme tentant de déconcentrer son amoureux, qui l’a délaissée au profit de la télé.
Alternant entre l’humour et la gravité, la séduction et le rejet, les multiples numéros s’enchaînent avec fluidité et font la part belle aux talents des finissants : cerceaux, jonglerie, équilibrisme, contorsions, tout y est. Les artistes interprètent admirablement les chorégraphies de Carroll et transmettent l’émotion avec justesse, jusque dans les transitions, captivantes.
Et c’est ce qui charme le plus, dans Il fait dimanche : la mise en scène d’une histoire dont on ne perd jamais le fil, grâce à une scénographie ludique qui transforme un banal rideau de salon en tissu aérien, ou un trampoline en piscine creusée. Tout n’y est bien sûr pas parfait – c’est le cas, entre autres, d’un numéro de trapèze en duo où le synchronisme n’était pas au rendez-vous -, mais on se laisse émerveiller d’un bout à l’autre du spectacle par cet univers de tondeuses à gazon et de serpillières, où chacun est prisonnier du regard que lui porte l’autre.
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Il fait dimanche et Journal de bord, spectacles 2010 de l’École nationale de cirque.
À la TOHU jusqu’au 20 juin.
« Il fait dimanche » : quand la banlieue émerveille
Un compte-rendu de Josiane Cossette, collaboratrice citoyenne
Avec Il fait dimanche, la chorégraphe Shana Carroll nous entraîne dans l’univers des banlieues proprettes, où tout semble parfait. Mais sous la surface, des grincements se font entendre. Et c’est avec une joie manifeste que les finissants de l’École nationale de cirque les donnent à voir.
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