L’insupportable horreur qu’il évoque, autant que la force qui en émane restent gravées en moi depuis, tel une cicatrice ou plutôt, comme un baume à mes propres stigmates : Catharsis.
Deux jeunes jumeaux trop humains et surdoués, autodidactes par la force des choses, évoluent et apprennent habilement à survivre au cœur d’une guerre absurde. Ils décident, au moyen de divers exercices d’endurcissement du corps et de l’esprit, de s’entraîner à devenir insensibles. L’épopée des frangins, c’est le difficile apprentissage, la mission impossible d’un commando spécial dans une quête : Devenir indifférent face à leur inacceptable destin.
Ce qui frappe le plus en assistant à l’adaptation théâtrale de Catherine Vidal au Quat’sous, ce sont les procédés théâtraux ingénieux, dignes d’une économie en guerre, qu’elle utilise afin de nous aider à digérer l’horreur et l’austérité de cette insupportable histoire. En effet, les mots du roman récités à haute voix au théâtre résonnent, semble-t-il, plus difficilement dans nos âmes accoutumées à la paix et à la stabilité relative.
Dans un jeu frisant la virtuosité, Renaud Lacelle-Bourdon et Olivier Morin incarnent les jumeaux mi-hommes, mi-enfants, mi-machines, ainsi que tous les autres personnages secondaires. Tournant ces derniers en dérision, l’humour devient aussi un remède pour contrer l’austérité du propos.
Nos petits soldats de la terreur doués d’une sensibilité (très bien endiguée) et d’un sens de la justice hors du commun poursuivent leur entraînement jusqu’à l’orchestration de la mission finale : leur séparation…