Montréal Vue par Sylvie Royer Authentique !



Carole le
Publié le 2 Avril 2009
Publié le 12 Juillet 2010
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Depuis plus de 20 ans, Sylvie Royer va son bonhomme de chemin dans l'univers de la chanson francophone. Cette artiste autodidacte et farouchement indépendante vient de produire son deuxième disque. Sorti treize ans après le premier, «Acte 2: J'irai» reste dans le registre de l'authenticité.

Sujets :
Roche , Montréal , Paris , Loco Locass

Sylvie Royer fait partie de ces artistes inclassables, insensibles aux modes et à l'air du temps. Ce ne sont pas les occasions qui ont manqué pour que sa carrière décolle. À chaque fois, un petit démon intérieur en a décidé autrement. À 20 ans, à Paris, la maison de disque Polydor, le label d'Édith Piaf, Juliette Gréco et aujourd'hui Mylène Farmer, l'appelle pour lui fixer un rendez-vous. Elle arrive deux heures en retard et réduit ses chances à néant.

En 1995, elle remporte la première édition des Francouvertes, concours qui s’adressait aux artistes de la relève musicale francophone. Mais contrairement à Loco Locass ou à Damien Robitaille, lauréats d'éditions subséquentes, les retombées ne suivent pas. «Je me suis exclue moi-même par souci d'indépendance. J'ai toujours voulu pouvoir partir et revenir quand j'en avais envie. Aujourd'hui, je ne suis peut-être pas connue, mais j'ai fait le tour du monde. Et surtout, je n'ai pas trahi la voix de l'enfant en moi», raconte l'artiste, rencontrée aux Entretiens, où elle a lancé son dernier album, le 24 mars dernier.

Deux disques en douze ans, c'est peu, mais beaucoup à la fois, car chaque album de Sylvie Royer est un concentré d'émotion. «J'écris des chansons qui doivent dire quelque chose. Je ne fais pas de remplissage», indique-t-elle.

Sa dernière production apporte des réponses au précédent, un premier album plus noir. L'auteur compositeur confie s'être moins cachée dans le deuxième. Elle y laisse le champ libre à sa voix rauque, qui lui a souvent value d'être comparée à Janis Joplin, sans la maquiller.

Cet album aurait dû s'appeler Terre d'exil. «J'ai vécu en exil du show business sans sortir de mon île de création, mon p'tit appart de la rue Garnier qui ressemble à un décor de théâtre avec des costumes pendus partout», raconte l'auteur.

Entre ces murs, elle a écrit les textes, composé les musiques et enregistré une partie des 12 chansons qui composent l'album. Des commerçants du quartier, dont Le Fouvrac, Le Fromentier et Bleu Caramel ont donné un coup de pouce financier pour permettre au projet de voir le jour.

Montréalaise née dans le quartier Villeray, Sylvie Royer a commencé à chanter dans les bars avant même d'avoir 18 ans. À 20 ans, elle traîne avec ses textes en poche du côté de Paris et de Larochelle.

Auteure et interprète, elle se fait au début accompagner au piano avant de se mettre elle-même au clavier. Toujours en quête de nouveaux moyens d'exprimer la passion qu'elle porte en elle, elle projette d'écrire un film et de le réaliser. Elle rêve également de terminer un des nombreux romans qu'elle a commencés. «Je suis toujours en mouvement, sinon je tombe dans la mélancolie», lance-t-elle en riant. Depuis quelques années, elle se livre à ce qu'elle appelle des «shows de cabotinage» en compagnie de son complice Thierry Fortuit avec lequel elle forme le duo les Castors Célestes.

On peut se procurer le nouvel album de Sylvie Royer chez le fleuriste Fleurs en feuilles, 1893, av. du Mont-Royal Est ou encore au P'tit Bar, 3451, rue St-Denis.

Propos recueillis par Carole le Hirez texte régulier italique

Pour manger: Le Bleu Caramel (4517, de la Roche) pour ses sushis exquis.

Pour prendre un verre: Les Entretiens (1577, av. Laurier E) pour son café. À découvrir: Le cimetière du mont Royal pour son point de vue sur la ville et la paix qui y règne.

Pour lire: Le jardin japonais du Jardin botanique.

Pour flâner: Les ruelles de Montréal pour voyager en ville à deux pas de chez moisé cela m'inspire pour mes chansons. À fuir: Tous les endroits où joue de la musique commerciale. Cela nous enlève le droit à la réflexion et au dialogue intérieur.

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