Bon, ça y est! Vous vous êtes tellement plaint du froid que maintenant que l’été est enfin arrivé, il serait doux de ne pas vous entendre brailler, pouffer, soupirer et suer en faisant ronronner vos airs climatisés. On dirait que vous avez déjà oublié que la semaine dernière, c’était de froid que vous geigniez.
Tiens, tant qu’à vous houspiller un peu : il y a deux choses que je ne comprendrai jamais chez vous : la quantité de mots épuisés à parler du temps qu’il fait et la quantité de temps que vous passez à rêver que vous devenez riches en grattant vos petits cartons des miracles. Plus moyen d’aller dans un dépanneur sans poireauter dans le line-up à cause de vos 6/49 pas d’extras, de vos mots cachés et de vos bingos. Gratte-gratte-moi-donc-s’il te plaît, ici, là oui, juste un peu plus bas… Oui!!! Si j’étais un partisan de la théorie de la conspiration, je penserais que nos dirigeants, élus ou non, nous tiennent consciemment dans cet état larvaire, sans autre sujet de conversation ni autre rêve que celui de la température ou celui de la richesse instantanée.
Tiens, parlant de richesse instantanée. Je lisais Martineau l’autre jour (une fois n’est pas coutume… ), et il m’a fait rire (ce qui arrive souvent quand je le lis, à dire vrai). Je le cite : « Jusqu'ici, montréalisation des médias oblige, le Québec a surtout entendu la voix gauchisante de la métropole. »
Voix gauchisante ? Pardon? J’aimerais bien savoir où il la trouve, sa voix gauchisante! Pas dans son Journal, ça c’est sûr. Y’a qu’à le lire, lui, puis les Facal, Gendron, Samson, Forget et autres Aubin pour réaliser que le JdeM est férocement à gauche (note : cette phrase est hautement ironique…). Et y’a qu’à lire la Presse, aussi, tiens, pour se rendre compte à quel point les Roy, Dubuc, Marissal, Pratte , Gagnon et Boisvert sont de dangereux communistes… Et je ne parle même pas des radios privées, genre 98,5 à Montréal (que celui qui me convainc que Dutrizac ou Paul Arcand sont de gauche se lève!), et presque toute la radio à Québec! J’en ai entendu un, l’autre jour, alors que je passais par la vieille capitale, raconter qu’il avait revu un champ de son enfance (en Beauce) où il y avait maintenant des sapins, et qui éructait, avec un sens de la formule étonnant, le message, ô édifiant, suivant : «Heille, les environnementeurs! Heille, Richard Desjardins! Les arbres, ça repousse!»
Crisse.
Revenons à Martineau. Son texte était titré : Une alternative à Tout le monde en parle? Quoi? L’émission animée par Guy A. Lepage serait de gauche. Batinse! Il faut soit être très, très (trop) à droite pour écrire cela, ou encore il faut comprendre que l’image qu’on se fait de la gauche au Québec est bien étrange.
Il y a au Québec, une droite qui beugle sans cesse que tous les malheurs (sic) qui affligent le Québec sont l’inévitable conséquence de plus de quarante ans de politiques de gauche. Pardon? Pouvez-vous me nommer un seul parti de gauche qui ait été au pouvoir dans l’histoire du Québec? Quand? Quel était son chef? La gauche la plus virulente que nous ayons connue – et qui n’était qu’une version timide d’un gouvernement de centre-droite – était la social-démocratie du PQ de Lévesque! Tous les autres ont été de droite, et plus souvent qu’autrement, pas mal à droite! Les Daniel Johnson (père et fils), Jean-Jacques Bertrand, Robert Bourassa, Jacques Parizeau, Lucien Bouchard, Bernard Landry et Jean Charest auraient été ou seraient de gauche? Ma foi, ma connaissance de l’histoire politique du Québec doit être à refaire…
J’en ai marre de cette démonisation que la droite fait de tout ce qui est progressiste, de tout ce qui considère le bien collectif avant l’enrichissement personnel à outrance. Ils vont maintenant jusqu’à essayer de nous faire croire que le débat est impossible, because la gauche qui critique sans arrêt et qui empêche le développement. Mesdames et messieurs de droite, si vos arguments ne franchissent pas la barrière des oppositions, c’est que ce que vous nous proposez doit être fâcheusement dément, pour que nous n’ayons pas le droit de nous y opposer.
Il y a un truc vraiment bien avec l’été : la plupart des oiseaux tordus de notre paysage médiatique prennent des vacances, ce qui, en soit, devrait nous reposer de bien des conneries et de bien des avanies.
D’ici là, il risque de faire chaud la semaine prochaine, quand tout le monde chantera haut et fort son amour d’une langue qui dit souvent n’importe quoi, peut-être pour camoufler le fait qu’elle ne sait plus trop ce qu’elle raconte...




