Le néo-démocrate Thomas Mulcair a été accueilli en véritable héros, lundi soir, au Théâtre Rialto, alors que l’ensemble des candidats québécois du NPD étaient réunis à l’occasion de la soirée électorale.
Le Québec n’a pas été frappé par une simple vague orange, c’est un véritable tsunami qui est passé sur son territoire.
Le NPD est passé d’un seul député, à Outremont, à un total astronomique de 58. Cette percée québécoise a même permis au NPD de former l’opposition officielle à Ottawa avec 102 élus, contre 167 pour les conservateurs, dorénavant majoritaires.
Les électeurs d’Outremont ont confié à M. Mulcair un deuxième mandat, en lui accordant pas moins de 56,4 % des voix.
La bataille annoncée avec l’ex-député de la circonscription, Martin Cauchon, n’aura finalement jamais eu lieu. Le libéral a terminé loin derrière, avec 23,7 % d’appui.
M. Cauchon et son équipe de campagne ont pris la décision, mardi, de ne pas accorder d’entrevues avant que la poussière soit retombée.
Il nous a donc été impossible d’obtenir les commentaires de M. Cauchon. « Les résultats remettent beaucoup de choses en perspective », a simplement expliqué l’un de ses adjoints de campagne.
Le conservateur Rodolphe Husny (8,8 %), la bloquiste Élise Daoust (8,2 %) et le vert François Pilon (2,2 %) ont fermé la marche dans la circonscription outremontoise.
Triomphal
Armé d’un énorme sourire, Thomas Mulcair s’est adressé à ses comparses et à la télévision nationale, peu après 22 h 30. Il a livré un discours émotif et rassembleur.
« Quelle aventure! ‘’Travailler ensemble’’, avec ces deux mots, notre chef de parti, Jack Layton, a donné le ton à notre campagne », a-t-il laissé tomber.
« Le NPD a entendu votre profond désir de faire les choses autrement à Ottawa et de mettre les travailleurs et leurs familles à l'avant-plan. Le Québec est à nouveau en train de jouer un rôle clé, dans un changement profond et historique », a-t-il déclaré, sous une horde d’applaudissements et de hurlements victorieux.
M. Mulcair a terminé en remerciant les électeurs d’Outremont et son équipe, qui a travaillé sans relâche.
« Fêtons ce soir le travail qui commence demain », a-t-il lancé.
Des surprises, partout
Plusieurs sondages laissaient présager une montée du NPD, mais peu de gens auraient cru possible une telle razzia.
Tout au long de la soirée, les sympathisants et candidats néo-démocrates, vêtus pour plusieurs d’une teinte de orange, soulignaient avec enthousiasme chaque candidat, élu ou en avance, qui s’ajoutait au total.
Le Québec au grand complet y aura finalement goûté. À Montréal, des forteresses libérales de l’Ouest-de-l’Île et des fiefs bloquistes de l’est ont changé d’allégeance et ont adopté le orange.
Dans les circonscriptions limitrophes à Outremont, Papineau (Justin Trudeau), Mont-Royal (Irwin Cutler) et Westmount¬¬–Ville-Marie (Marc Garneau) sont demeurées libérales.
Toutefois, les comtés de Laurier–Sainte-Marie (Hélène Laverdière) et de Rosemont¬–La Petite-Patrie (Alexandre Boulerice), les gens ont voté orange. Les bloquistes Gilles Duceppe et Bernard Bigras ont ainsi dû s’avouer vaincus.
