« Ce n’est plus réaliste de penser que nous serons à 60 % à la fin de la prochaine année », affirme-t-il.
Incapable de nous fournir les chiffres détaillés pour l’ensemble des arrondissements montréalais, M. DeSousa laisse tout de même savoir que le taux global de recyclage pour Montréal s’établit maintenant à 37 %, ce qui constitue une faible augmentation de 4 % par rapport à 2002, lors de son arrivée au pouvoir.
En décortiquant les données disponibles sur les différentes matières recyclées à Montréal, on s’aperçoit rapidement que Montréal est très loin des objectifs fixés par le gouvernement québécois. Alors que les municipalités doivent atteindre 60 % de recyclage à la fin de 2008, Montréal récupère seulement 35 % des résidus domestiques dangereux, 25 % des matériaux secs résidentiels, 10 % des matières putrescibles et 1 % du textile présents sur son territoire.
Pour expliquer ces chiffres, M. DeSousa pointe du doigt l’incertitude politique et les nombreuses volte-face des paliers supérieurs de gouvernement pour expliquer le piètre rendement de recyclage au cours des dernières années à Montréal. « Rappelez-vous à quel point on a chambardé le monde municipal au début des années 2000. C’était le bordel! Il y a eu les fusions forcées, les comités de transition, puis les défusions, la mise en place du conseil d’agglomération, de la Communauté métropolitaine de Montréal. On a eu deux changements de gouvernement et maintenant, nous faisons affaire avec un gouvernement minoritaire. Difficile d’aller de l’avant avec un plan précis dans ces conditions. »
Le responsable de l’environnement à la Ville de Montréal ajoute que les contrats de collecte qui avaient été votés avant son arrivée en poste, et qui ne viendront à échéance qu’à la fin 2008, ne lui permettent pas actuellement d’augmenter de façon significative la récupération sur le territoire. « Mais avec tous les nouveaux contrats de collecte que nous venons de signer et qui entreront en vigueur en 2009, je peux vous dire que nos infrastructures seront alors en mesure d’accueillir le double du recyclage que nous avons actuellement. Il nous fallait d’abord traiter la capacité d’accueil des matières recyclées avant de penser voir une augmentation notable du taux de récupération sur notre territoire. C’est ce que nous avons fait. »
Le recyclage des résidus verts (feuilles, arbres de Noël et branches), qui oscille au tour de 28 000 tonnes par an (taux de récupération de 10 %) constituera une priorité en 2008 pour Montréal. La Ville compte en effet investir 6,3 millions de dollars au cours de la prochaine année pour augmenter ses services dans ce domaine.
« Nous franchirons un pas vers le recyclage des matières organiques dès l’an prochain alors que nous investirons massivement pour le recyclage des résidus verts. Cela devrait nous permettre d’augmenter notre taux global de recyclage au-delà du 40 % », dit M. DeSousa.
Le responsable de l’environnement à la Ville ne le cache pas: sans une amélioration des services pour le recyclage des résidus verts et du compostage, il sera impossible de dépasser la barre des 50 % de matières recyclées à Montréal. «Toutes les grandes villes qui ont atteint l’objectif de 60 %, ont réussi en introduisant le compostage et le recyclage des matières putrescibles. Sans cela, nous ne pourrons pas y arriver. Mais pour augmenter au-delà du 50 %, nous aurons besoin du financement du gouvernement », laisse-t-il entendre.
La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a d’ailleurs fait parvenir, au mois de septembre dernier, une demande d’investissement de l’ordre d’un milliard de dollars à la ministre Line Beauchamp, responsable du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs. « Il y a 337 000 tonnes de déchets générées par la population habitant la CMM. Il faut donc avoir les infrastructures pour accueillir la récupération de tout ce monde. Sans les investissements du gouvernement québécois, nous ne pourrons pas atteindre les objectifs fixés en matière de recyclage », laisse entendre M. DeSousa.
