Avec une consommation annuelle d’environ 100 bouteilles d’eau par habitant, le Québec est l’une des provinces canadiennes où l’eau embouteillée est la plus populaire, avec 24% des ventes intérieures. Ces dernières années, en effet, l’eau en bouteille est devenue très à la mode.
On l’aime d’abord pour sa commodité puisqu’elle s’emporte partout, mais surtout pour son goût et sa fraîcheur. On la croit d’ailleurs meilleure pour la santé que l’eau potable ordinaire, c'est-à-dire l’eau traitée par une municipalité. Cela dit, la population en général connaît bien peu de choses sur l’eau embouteillée. Où est-elle puisée? De quelle façon les sources d’eau sont-elles exploitées? Comment est-elle traitée? Et quelles sont les caractéristiques qui la distinguent de l’eau potable ordinaire?
Il faut tout d’abord savoir qu’il existe quatre types d’eaux embouteillées sur le marché canadien, soit l’eau de source, qui provient d’une source d’eau souterraine et qui contient moins de 500 ppm de minéraux, l’eau minérale, qui provient aussi d’une source souterraine mais qui contient plus de 500 ppm de minéraux, l’eau potable traitée, qui peut provenir de tout autre type de source (généralement d’une source d’eau municipale) et qui a été traitée par un traitement quelconque, et enfin, l’eau de source gazéifiée, qui provient d’une source d’eau souterraine et qui contient du gaz carbonique, naturellement présent ou ajouté.
L’eau embouteillée, beaucoup plus chère que l’eau du robinetOn évalue le coût de l’eau en bouteille à près de mille fois supérieur au coût de l’eau potable du réseau public. Pourquoi? Parce que l’eau en bouteille nécessite plus de transport et d’entreposage, plus d’emballage et qu’elle est vendue à plusieurs intermédiaires avant d’être disponible au détail.
Pourtant, alors que nous, Québécois, critiquons la flambée du prix du pétrole, nous n’hésitons pas à payer la même chose pour une bouteille d’eau que pour un litre d’essence… n’y voyez-vous pas une légère contradiction?
Peu de différence entre l’eau embouteillée et l’eau ordinaireIl n’est pas question ici de remettre en question la qualité de l’eau en bouteille, puisqu’elle doit répondre aux mêmes normes que l’eau ordinaire, notamment en matière de coliformes et de bactéries aérobies.
Cependant, tout comme l’eau du robinet, l’eau en bouteille n’est pas à l’abri des organismes pathogènes et il ne faut donc pas croire que l’eau embouteillée est de meilleure qualité. À cet effet, Santé Canada affirme que «de nombreuses études ont démontré que la numération bactérienne augmente en flèche après six semaines si l'eau [en bouteille] n'est pas réfrigérée».
Contrairement à l’eau en bouteille, l’eau du réseau public contient du chlore à sa sortie du robinet. Bien que le chlore soit un additif chimique désinfectant, il s’évapore en moins d’une journée lorsque l’eau est à l’air libre. Il n’est donc pas nécessaire de se procurer de l’eau embouteillée pour éviter de consommer du chlore. Il suffit plutôt de garder un pichet d’eau au frigo pour la boire froide et sans goût de chlore.
En somme, il n’y a pas de différence significative entre l’eau du robinet et l’eau embouteillée. L’eau embouteillée peut être intéressante dans la mesure où le consommateur recherche plus ou moins de minéraux dans son eau. Pour le reste, les normes sont les mêmes pour les deux types d’eau. Elles doivent, toutes deux, être propre à la consommation humaine.
Dans un contexte où le Québec possède 3% des ressources mondiales d’eau douce, il serait plutôt paradoxal de délaisser cette précieuse ressource pour un produit semblable et hautement plus dispendieux. L’eau potable publique doit demeurer une ressource fiable et accessible à l’ensemble de la population. Pour ce faire, il faut non seulement la protéger et l’économiser, mais aussi en faire la promotion et lui redonner son juste titre : une eau potable de qualité.
Pour plus d’information sur l’eau potable visitez le site web de RÉSEAU environnement au www.reseau-environnement.com
