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Denis Bernard: Garde à vue



Denis Bernard.(Photo: Rolline Laporte)

Denis Bernard.(Photo: Rolline Laporte)

Carole le
Publié le 8 Janvier 2009
Publié le 12 Juillet 2010
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Du 13 janvier au 21 février, le Théâtre de La Manufacture présente à La Licorne la première création francophone du Pillowman. Pour ce texte signé par l'Irlandais Martin McDonagh, le metteur en scène et comédien Denis Bernard dirige ses acteurs au scalpel afin de nous servir sur un plateau cette comédie noire sans toutefois tomber dans le «trash».

Sujets :
McDonagh , Québec , Montréal , St-Zotique Est

La pièce se déroule dans un état totalitaire non identifié. Katurian (Antoine Bertrand) travaille dans un abattoir et écrit des nouvelles. Un jour il est arrêté et placé en garde à vue. Des enfants ont disparu dans des circonstances qui rappellent étrangement ses récits. La question qui se profile en toile de fond: Un créateur doit-il être tenu responsable de son œuvre vis-à-vis la société?

Le metteur en scène, Denis Bernard, dit avoir été séduit par l'humanité qui se dégage du texte. «Au-delà du propos et de l'anecdote qui peuvent paraître noirs, se dégage une humanité exceptionnelle que je n'ai pas lue souvent en trente ans de théâtre», déclare-t-il. «L'auteur livre un regard presque fataliste sur la vie et ses hasards, les chemins que l'on parcourt, et très tendu vers l'humain, le tout dans une forme éclatée», ajoute-t-il. Il salue chez McDonagh une maîtrise dans l'art de raconter les histoires, utilisant des propos parfois déjantés, qui empruntent à la comédie et n'hésitent pas à visiter le grotesque.

Pour rendre justice à l'auteur, le metteur en scène s'est fait discret, se tassant du chemin tout en étant présent. Dans ce huis clos de deux heures sans entracte, le défi consiste à happer le spectateur dès le début de l'histoire et à ne plus le lâcher.

Pour réussir ce tour de force, Denis Bernard a opté pour une direction très rigoureuse des cinq acteurs qui se donnent la réplique. «C'est un credo pour moi. C'est ce qui fait la différence entre la livraison d'un texte et son incarnation spectaculaire sur scène. J'ai une idée très claire de ce que je veux faire, même si je reste ouvert aux suggestions des comédiens», indique-t-il.

Formé au conservatoire d'art dramatique de Québec, Denis Bernard enchaîne les projets à la télévision, au cinéma et au théâtre. On l'a vu au petit écran dans entre autres L’Auberge du chien noir et Les hauts et les bas de Sophie Paquin. Au Cinéma, il a remporté le Prix Génie du meilleur acteur de soutien en 2006 pour son rôle dans L’Audition de Luc Picard. Au théâtre, il a signé plusieurs mises en scène remarquées dont Coma Unplugged de Pierre-Michel Tremblay à l’hiver 2007, qui a remporté plusieurs Masques.

L'année 2009 s'annonce riche en projets pour Denis Bernard, dont plusieurs créations avec des auteurs ainsi que des projets à la télévision. Même s'il utilise plusieurs canaux, le comédien reste avant tout un homme de théâtre. «Quand je mets les pieds dans une salle de répétition, j'ai l'impression de rentrer chez nous», déclare-t-il.

Le théâtre québécois traverse une période d'effervescence, constate-t-il. «On est moins supporté mais plus créatif que jamais. C'est sans doute notre façon de réagir», estime-t-il. «On voit émerger beaucoup de jeunes créateurs, et La Licorne est un moteur extraordinaire pour leur permettre de s'exprimer.» texte régulier italique

Propos recueillis par Carole le Hirez

Pour manger: L'Express (3927 Saint-Denis), un des premiers restos que j'ai découverts quand je suis arrivé à Montréal en 87 et où j'aime manger seul au comptoir. La Bodega (236 St-Zotique Est) pour ses bouchées italiennes et ses pizzas aux truffes et aux cèpes.

Pour flâner: L'avenue du Mont-Royal, car cela change tout le temps. Il y a toujours un nouveau commerce ou café à découvrir.

Pour sortir: Le Quartier général (913 Beaubien Est), un bar sympathique où on peut aller voir le hockey ou prendre un verre après un spectacle.

Pour lire : Dans les cafés ! Mes dernières lectures: L'homme invisible de Jean Barbe, Sur la route de Cormac McCarthy, Je suis un écrivain japonais de Dany Laferrière, Le Bestiaire de Serge Bouchard. À découvrir: Le parc linéaire des rapides de Lachine. Je passe par là tous les jours ou presque. À fuir: L'échangeur Turcot et toute la symbolique qu'il représente.

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