« Il faisait froid et humide. Je suis entré dans un café pour me réchauffer. On m’a servi un truc infâme. » Telles ont été les premières impressions du Belge à Montréal.
Les Européens qui émigrent au Québec ont tendance à se fondre dans la masse. On ne croit pas d’emblée qu’ils vivent des problèmes d’adaptation. Pourtant, le choc culturel est bien réel.
« Quand je suis arrivé, j’ai été choqué par la différence de mentalité. Le vocabulaire était différent. Je ne comprenais pas tout. J’ai vécu plein de quiproquos », relate Hubert Mansion. À quelle heure ouvrent les banques ? Qu’est-ce qu’un Dollarama ? Comment louer un appartement ? Autant de questions existentielles que bien des Européens se posent lorsqu’ils débarquent ici.
Il a eu l’idée d’en faire des petites chroniques qui ont fini par se transformer en livre, qui a été refusé par tous les éditeurs. « Ce guide est un peu particulier. Il contient des éléments factuels, comme des adresses et des références, mais aussi des observations subjectives sur ce que je pense par exemple des Québécoises ou encore de l’hiver. » L’auteur a décidé de créer sa propre maison pour publier son ouvrage. Depuis, plus de 20 000 exemplaires du guide se sont vendus. Les lecteurs sont surtout des candidats à l’expatriation ou leurs proches, qui leur offrent le livre en cadeau. .
Installé dans l’est de Montréal après avoir vécu longtemps sur le Plateau, l’écrivain considère que le Québec et l’Europe possèdent des cultures très opposées même si on y parle une langue semblable. Le malentendu est donc inévitable. « L’Européen privilégie l’apparence tandis que le Québécois revendique une simplicité dans les rapports. Pour un Belge, c’est plus facile de s’adapter. Pour un Parisien, c’est un choc terrible », estime l’auteur.
Parmi les informations mises à jour dans la nouvelle édition, il donne ses adresses favorites : le marché Maisonneuve pour la danse carrée l’été, l’endroit où l’on peut pêcher ou faire de la planche à voile sur le Saint-Laurent, les parcs où patiner. On peut également y apprendre une foule de petites choses utiles, comme la meilleure façon d’attirer un raton laveur chez soi.
On l’aura compris, le tout est présenté sur le ton de l’humour et sans prétention. « On a toujours besoin d’informations subjectives pour connaître un endroit. On s’aperçoit que des choses quotidiennes et normales, comme le petit-déjeuner, sont envisagées de manière très différente ailleurs. »
L’écrivain a publié plusieurs ouvrages depuis son premier guide, dont un livre sur la langue, 101 mots à sauver du français d’Amérique, en 2008. Avocat dans le domaine de la musique, il a aussi écrit un recueil qui explique comment réussir dans le show-business. Passionné de la question autochtone, il a consacré plusieurs ouvrages au sujet. « En allant dans le Nord du Québec, j’ai voulu essayer de savoir ce qu’est l’histoire du Québec et d’où elle vient. Je crois avoir ainsi mieux compris le fond de cette culture. »
Pour manger…La Gargote des Antiquaires (1708A, Notre-Dame Ouest). La cuisine simple sera toujours la plus difficile à réussir, car elle ne peut se cacher ni sous des appellations incontrôlables, ni dans des sauces inventées. - Pour flâner…L’Armée du Salut et le Village des Valeurs. Deux encyclopédies vivantes du quotidien montréalais. Pour sortir…Le Bois-de-Saraguay, la dernière forêt naturelle de l’île de Montréal (à l’est de l’autoroute 13, dans l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville). Le meilleur endroit pour lire…) : dans mon lit À découvrir…Les Princesses d’Hochelaga. Le restaurant le plus incroyable d’Amérique du Nord. À fuir : les distributeurs ATM. Quand j’en vois un dans un établissement, je sors.
