Paradoxe

Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Imaginez un gars qui un matin aurait LE flash : un système capable de produire autant d’énergie qu’on pourrait en rêver, et ce pour un prix ridicule.

Michel Vézina

Pour 100$, on pourrait assurer nos besoins énergétiques annuels, sans polluer, sans alimenter notre empreinte écologique, ni notre bilan carbone, sans crosse, sans rien.

100 piasses par année et tous nos besoins en énergie seraient comblés. On pourrait se chauffer ou se rafraîchir, selon la saison et le continent. On pourrait faire cuire ou garder au frais nos aliments, partout et peu importe le budget. On pourrait s’éclairer, se déplacer – bon, les nerfs, 100$ ça n’inclut pas le véhicule, juste son carburant pendant un an avec un usage normal de bagnole d’aujourd’hui, genre 20 000 kilomètres par année –, mais imaginez…

Imaginez le paradis, oui : plus besoin de pétrole, ni de puits de gaz de schiste, ni de barrages hydroélectriques ou de centrales thermiques et nucléaires, plus de guerres d’éoliennes… Pour tous, un système propre et efficace, à 100$ par utilisateur par année.

Sauf que sa découverte risquerait fort de demeurer lettre morte.

D’abord, il y aurait de fortes chances pour que les grandes compagnies énergétiques, appuyées en ce sens par la plupart des États, montent une équipe de choc qui aurait pour mission d’aller régler illico presto le problème de l’empêcheur de polluer en rond, en le faisant disparaître à jamais et en détruisant toute forme de preuve de sa découverte.

Mais admettons que notre ami aurait pu être plus rapide que tous et que sa découverte voit le jour.

Tous les prix à la consommation, oui, absolument tous, chuteraient, puisque tout est énergivore : du transport des marchandises jusqu’à leur entreposage, en passant par leur manutention et leur étalage. Comme tout coûterait moins cher, nous pourrions tous moins travailler! Quel bonheur…

Mais le lendemain, les valeurs des actions des pétrolières, des gazières et autres énergétiques en tous genres s’effondreraient, se fracasseraient, feraient chuter toutes les grandes bourses. Les économistes des grandes banques et des importantes agences gouvernementales nous parleraient des effets dévastateurs de cette crise économique grave, d’un taux de chômage impossible à enrayer, de PIB en chute libre et d’une catastrophe mondiale.

Le monde ne serait pas capable de supporter une telle découverte… Les gros investisseurs ne sauraient plus où investir : l’énergie ayant été leur fer de lance depuis le début du XXe siècle… Les banques et les États producteurs de pétrole feraient faillite et vos économies disparaîtraient. Parce que oui, c’est VOTRE argent qui est investi aujourd’hui. Les requins de la finance fonctionnent avec vos économies, via la spéculation sur votre capacité de rembourser vos hypothèques, avec vos fonds de retraite.

Or si cette magnifique découverte que serait cette énergie propre et pas chère se présentait comme une découverte de rêve, ce serait quand même elle qui provoquerait la prochaine guerre mondiale.

Ça fait peur, non?

Livres et travaux publics

Être libraire, c’est déjà pas facile. Imaginez être libraire et subir 18 mois de travaux sur le pas de votre porte.

Même si je n’y vais pas très souvent, je suis un fan fini de la librairie Olivieri, sur Côte-des-Neiges. Pourquoi je n’y vais pas souvent? Simplement parce que je ne vais pas souvent dans ce quartier. Et pourquoi suis-je si fan? Trois paragraphes de raisons :

1- Pour Rina et Yvon, les deux propriétaires, que j’ai connu au fil des années, des rencontres, des soirées ou des lancements, des événements littéraires, des salons ou des festivals. Ils font partie intégrante du paysage littéraire montréalais. Ils en connaissent non seulement les enjeux, mais sont au cœur de son humble cité des mots, ils en connaissent le pouls et la vibration.

2- Pour la variété du choix, tant des romans, de la poésie, des essais en tout genre, et aussi des livres pratiques (c’est là que j’ai acheté les livres de recettes offerts à ma belle-sœur pour Noël). J’aime Olivieri aussi parce que les libraires, non seulement connaissent-ils leur travail, mais y prennent un plaisir visible et communicatif : ne pas connaître un titre, pour eux, est un affront et une honte au métier.

3- Et finalement pour l’excellent bistro, ce qui ne nuit en rien à la relation qu’on puisse avoir avec le livre… Ah, bouquiner tout en dégustant un bon petit plat, faire descendre le tout d’un doux vin, Olivieri, c’est aussi un art de vivre.

Mais.

Les 18 mois de travaux ont fait mal à la librairie Olivieri : ça va mal sur Côte-des-Neiges. Pas mal de clients ont cessé de fréquenter la librairie because le bordel dans le quartier. Sauf que là, les travaux, c’est fini! Pensez-y, faites le détour, retournez-y : ce serait un peu con qu’on les perde.

Ils font partie de l’écologie du livre...

Organisations: États producteurs

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires