Il n'y a qu'un pas de ce «droit de mourir» au «devoir de mourir» invoqué par certains, qui voient aussi en l'euthanasie une manière de soulager les proches. Selon plusieurs, la loi devrait permettre à quiconque d'exercer «son droit de mourir».
De quel droit s'agit-il? Rappelons que les lois existent afin de protéger les individus et la collectivité. La société québécoise s'est dotée de programmes pour enrayer le suicide parce que les Québécois estiment que la vie vaut la peine d’être vécue et parce que le suicide entraîne des conséquences dévastatrices sur les autres (famille et entourage du suicidé). On fait en sorte que ceux qui souffrent, et même ceux qui ont le mal de vivre, bénéficient d'un soutien psychologique et social efficace.
Pas une option, un choix tragique
La société québécoise est unanime à reconnaître que le suicide n'est pas une option, mais un choix tragique. Pourquoi veut-on faire du SUICIDE MÉDICALISÉ ou de l'euthanasie des options? Qu'est-ce qui pousse certains groupes à exiger que la société endosse le suicide médicalisé et à demander à une tierce personne, par exemple un médecin, de lui donner la mort par injection létale lorsqu'il en aura assez de vivre?
Cette forme d'autonomie, sous couvert d'humanisme, entraînera les mêmes abus qu'aux Pays-Bas où de nombreuses personnes sont, année après année, victimes d'une euthanasie sans consentement, ainsi que le démontre l'étude effectuée par Van der Heide et ses collaborateurs, en 2007.
Derrière la décriminalisation de l’euthanasie se cache l’abus ultime.
De plus, en 1995, pour la première fois, des médecins ayant pratiqué l'euthanasie sur des nouveaux-nés atteints de spina bifida ou de trisomie 21 ont été poursuivis. Ces médecins ont été reconnus non coupables.
Mentionnons également le protocole de Groningen, qui a été adopté par l'Association des pédiatres des Pays-Bas, en 2005, dans le but de protéger des poursuites les médecins qui pratiquent l'euthanasie sur des enfants atteints de maladies graves.
Pour une fin de vie digne et naturelle
À qui profiterait réellement une décriminalisation de l’euthanasie au Québec?
Dans une autre étude réalisée en Belgique, et publiée en 2010 dans le CMAJ, on note que 31,7% des euthanasies ont été pratiquées sur des personnes n'ayant pas signé de formulaire de consentement; dans certains de ces cas, le médecin jugeait que l'euthanasie était dans le meilleur intérêt du patient.
Par ailleurs, comment peut-on parler d'autonomie et de liberté de la personne lorsque les balises légales ne sont évidemment pas respectées?
Le réseau Vivre dans la Dignité (www.vivredignite.com) soutient qu'une fois bien renseignés, les Québécois rejetteront massivement l'euthanasie et le suicide assisté à cause des risques majeurs qu'ils présentent pour les personnes en fin de vie, c'est-à-dire les personnes les plus vulnérables de notre société.
Vous pouvez adhérer gratuitement au réseau en signant son manifeste pour une fin de vie digne et naturelle et pour la promotion des soins de santé de qualité au Québec.
vivredignite.com/manifeste/manifeste.html
Linda Couture
Directrice, Vivre dans la Dignité
Citoyenne de Lachine
Madame Danielle Hudon, Personne vous parle d'imposer un choix. Vous avez tout à fait le choix de décider pour vous-même de vivre ou mourir. Le suicide est légal et notre société québécoise a tout mis en branle, des programmes et des services pour AIDER les personnes qui pensent à se suicider plutôt qu'à les encourager à le faire. La société reconnaît que le suicide n'est pas une option et que c'est un choix tragique pour TOUS. Pour être cohérent, il faut reconnaître que le suicide assisté médicalisé n'est pas une option non plus. Sur la question de choisir de mourir par le biais de Directives anticipées et d'être euthanasié il ne faut surtout pas demander à une tierce personne ( ex Médecin) de le faire pour vous ou d'être complice de vos actes ( dans le cas du suicide assisté) Afin de pousser votre réflexion, je vous invite à lire un second article Ne soyons pas naîfs, il y aura des abus http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201106/10/01-4408051-ne-soyons-pas-naifs-il-y-aura-des-abus-.php