Quelques minutes avant son départ de l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, le chanteur originaire de Saint-Léonard nous accorde une entrevue téléphonique. Deux musiciens l’accompagneront dans ce voyage qui s’annonce tout sauf ennuyant. « On va d’abord en France, puis en Suisse et on termine le tout en Italie, dit-il. Nous seront seulement trois sur scène, mais ça ne sera pas plate comme show ! Ce sera très festif et les spectateurs présents passeront un très bon moment en notre compagnie. On s’en va en Europe pour faire parler de nous, alors on va s’arranger pour y arriver. »
Ce n’est pas la première fois que Marco Calliari fait un voyage en Europe pour y jouer des classiques de la musique italienne. Mais cette fois, il y va armé d’un tout nouveau disque éponyme conçu exclusivement pour les Européens. Une belle carte de visite. « On y retrouve des chansons de mes deux premiers albums, explique-t-il. C’est un bon produit qui m’aidera à faire parler de moi. Déjà, les médias européens embarquent. J’ai l’impression que je vais vivre un peu la même "vibe" que j’ai vécue ici, il y a trois ans, lors de la sortie de mon premier CD de musique traditionnelle. En tout cas, je l’espère. »
Après une première tournée l’an dernier en Italie, Marco Calliari sait désormais quelle corde jouer pour toucher le cœur des gens: celle du fils d’immigrants.
« Je vis toujours un peu plus de pression quand je chante et joue de la musique traditionnelle italienne devant un public à majorité composé d’Italiens. Avec mon accent québécois, j’ai peur qu’ils ne comprennent pas tous les mots que je dis. En même temps, les Napolitains et les Milanais ne se comprennent pas toujours entre eux, alors j’essaie de ne pas trop m’en faire avec ça et je leur dis que je suis simplement là pour chanter la musique de mes parents et de mes grands-parents, moi qui suis fils d’immigrants », dit-il en riant.
Au fil des discussions avec des Italiens, Marco Calliari s’est rendu compte que son succès au Québec est inexplicable pour eux. Même un peu surréaliste. « C’est tellement drôle de voir les points d’interrogation sur leur visage quand ils apprennent que j’ai vendu 60 000 albums à un public qui ne comprend pas l’italien et qui parle en français à plus de 95 %. Ils se demandent bien ce qui se passe au Québec. »
C’est d’ailleurs la preuve, indique-t-il, que la musique n’a pas de frontière. « Je voyage grâce à la musique italienne et j’espère que ça va se poursuivre encore longtemps. »
