C'est qu'après la distribution par les pompiers de la caserne 75 d’un tract faisant état d’une diminution de service à Outremont, les élus de l’arrondissement ont cru bon de rassurer la population «inquiétée inutilement», selon la mairesse Marie Cinq-Mars.
Pour ce faire, les grands moyens ont été déployés: une conférence de presse dans la salle du conseil où étaient réunis une dizaine de représentants de la ville et du service des incendies dont Claude Dauphin, responsable de la sécurité publique à Montréal et Serge Tremblay, directeur du service des incendies de la métropole.
Selon ce dernier, les Outremontais ont «toujours la même protection aujourd'hui», par rapport à 2002, avant les fusions municipales. «Nous souhaitons corriger le tir, ajoute Claude Dauphin. Les temps de réponses sont aussi bons, sinon meilleurs qu'avant les fusions municipales.»
Ces affirmation s'inscrit en réaction directe au tract conçu et distribué par les pompiers de la caserne 75 qui faisait état de «moins de protection pour les mêmes taxes».
Dans cette brochure, les pompiers d'Outremont expliquent qu'ils fonctionnent aujourd'hui avec deux camions, un à pompe et l'autre à échelle, contrairement aux cinq dont ils disposaient avant 2002. Or, d'ici quelques mois, le camion à échelle sera retiré de la caserne 75 au profit de celle de l'Île-des-Sœurs. Ce changement découle du nouveau schéma de couverture de risques d'incendie élaboré par l'administration municipale et qui sera instauré dès 2009 sur une période de cinq ans.
«Les particularités du territoire d'Outremont font en sorte que le service d'un camion échelle est essentiel compte tenu: des édifices en hauteur; de la population importante de personnes âgées et à mobilité réduite; des bâtiments centenaires; du territoire densément peuplé et de la difficulté d'accessibilité», peut-on lire dans le tract.
«Le nouveau schéma de couverture a été pensé en fonction de Montréal au complet, pas seulement en fonction d'Outremont ou de Lachine ou d'un seul arrondissement», explique Claude Dauphin.
Dans cette optique, les Outremontais ne sont pas pour autant laissés pour contre: plusieurs casernes situées à proximité de l'arrondissement possèdent un camion à échelle. «Le temps maximum que met un camion à échelle pour arriver sur les lieux d'un incendie à Outremont est de 3 minutes 30 secondes», avance le directeur du Service des incendies, précisant que le service des incendies de Montréal a «le plus grand ratio de camions à échelles des ville d'Amérique du Nord».
Avant les fusions, un camion à échelle était nécessaire à Outremont puisque les pompiers de l'ancienne ville ne pouvaient compter sur l'aide de leurs collègues montréalais qu'en cas d'extrême urgence. Les premiers renforts venaient des services des autres villes de l'île, comme Ville Mont-Royal.
Aujourd'hui, non seulement la caserne 75 n'a plus besoin d'un camion à échelle, mais les effectifs n'ont plus à être aussi important. Le tract dénonçait justement cette situation alors que 16 pompiers travaillent présentement au 40, avenue Saint-Just, alors qu'ils étaient 37 avant les fusions.
Loin de démentir la situation, Serge Tremblay a plutôt insisté sur le fait que le minimum de cinq pompiers et deux officiers présents en tout temps à la caserne est le même qu'en 2002. «Pour chaque appel de feu de catégorie 1 – les moins urgents –, un minimum de 11 pompiers sont dépêchés sur les lieux, et ce, partout à Montréal. Avant les fusions, à Outremont, le minimum était de sept», a-t-il ajouté.
Maire Cinq-Mars a soutenu que la distribution du tract était «irresponsable de la part des pompiers», martelant que la population avait été inquiétée inutilement. L'arrondissement affirme avoir reçu quelques appels de citoyens qui se posaient des questions après avoir lu la brochure des pompiers.
Pour expliquer la distribution du tract, Serge Tremblay a avancé que les pompiers n'étaient «pas contents de se faire enlever leur camion à échelle». Pour sa part, Claude Dauphin y a vu un lien avec les négociations qui ont présentement lieu entre l'association des pompiers de Montréal et la ville au sujet de la prochaine convention collective, et ce, malgré qu'uniquement la caserne 75 ait produit une brochure.
Une caserne désuètePar ailleurs, la caserne 75 devra être rénovée. Si elle peut encore accueillir les anciens camions à échelle, elle n'est pas conçue pour recevoir les nouveaux modèles qui seront la norme dans quelques années à Montréal.
Les travaux devraient commencer d'ici trois à cinq ans. Le point de presse a d'ailleurs été l'occasion pour les protagonistes d'assurer «à 100% que la caserne restera où elle est actuellement».
Le service des incendies de la Ville de Montréal reçoit, bon an mal an, une dizaine d'appels de feu sur le territoire d'Outremont, selon les chiffres dévoilés vendredi dernier.
