Actuellement locataire dans les logements de la Société d'habitation de la sclérose en plaques, la dame de 61 ans atteinte de cette maladie dégénérative n'a eu d'autre choix que de se résigner: elle doit déménager dans un endroit où des soins quotidiens lui seront offerts, et ce, le plus rapidement possible. « Tout est devenu difficile pour moi! Ma vie se passe entre mon lit et mon fauteuil roulant. Là, j'ai vraiment atteint ma limite », avoue-t-elle, visiblement peinée par la situation.
Dans la dernière année, Béatrice est tombée six fois en tentant de passer de son fauteuil à son lit. Heureusement, elle peut compter sur la présence d'un voisin bienveillant qui est venu l'aider à plusieurs reprises. « Mais mon voisin, il vieillit ! À 80 ans, même s'il est en forme, je me rends compte que c'est demandant pour lui de m'aider. Je ne veux pas trop lui en imposer non plus, confie-t-elle. Sinon, ma seule option, c'est d'appeler les ambulanciers. Mais une personne qui est tombée, ce n'est pas prioritaire pour eux. Entre les infarctus et les autres accidents, je peux comprendre que je ne sois pas la première sur leur liste. »
C'est en fouillant sur Internet qu'elle a trouvé de l'information sur le projet de ressource intermédiaire à Montréal-Est. Mais, lorsqu'elle a appris qu'un petit groupe d'individus s'opposaient à la réalisation de ce projet, Béatrice a été déçue. « Si je ne peux pas aller là, je ne sais pas où je serai placée, raconte-t-elle, avouant qu'elle a déjà caché un de ses rapports de santé de peur d'être placée de force en CHSLD. Moi, je voudrais que les gens sachent que j'en aurai vraiment besoin. Ça fait déjà trois ans que j'aurais dû partir d'ici. Je ne pourrai plus retarder mon départ encore bien longtemps », conclut-elle.
Une citoyenne de Montréal-Est se confie
Lorsqu'elle a entendu parler du projet de ressource intermédiaire de la Société Emmanuel-Grégoire, Béatrice (nom fictif) savait que sa chance était venue.
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