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BANDE DE COLONISÉS !



Publié le 21 Janvier 2009
Publié le 13 Juillet 2010
Claude Jasmin RSS Feed

Je ne suis pas sans péché, comme tant, si vous cherchez à obtenir une faveur ou, disons, les suffrages des gens, vous allez devenir complaisants. Gentils. Doux. Rempli de sollicitude. Bref, vous ne serez pas vraiment un esprit libre.

Sujets :
Charrette , USA , Washington , Paris

Le grand Baudelaire, qui ne se présentait à aucune élection, osa écrire: «Nation nigaude!» Il faut du courage. Les richards n’en ont pas toujours, ils sont en situation d’envoyer paître qui ils veulent! J’ai pourtant connu des gens riches capables de vrai courage. Souvent, jeune, on a peur et on la boucle. Il ne faut pas déplaire, on n'a pas les moyens de se mettre à dos celui-ci ou celle-là.

Plein de monde habitué aux propos souvent complaisants des journalistes n’en reviennent pas qu’on écrit franchement. Plein de monde qui refuse de comprendre que l’écrivain responsable — pas le scripteur à gages — n’a pas à faire sa cour. Il est libre. Ça choque la liberté. Je ne quête pas les votes. De personne. Aussi j’écris:«bande de colonisés des étatsuniens» que vous êtes!

Pleins espaces en médias pour le moindre visiteur des USA! Constamment fascinés et à quatre pattes devant le moindre amerloque. Exemple : pathétiques colonisés, la langue sortie, la pensée en berne, devant Washington et son élu récent. Obama — qui a déjà trois gaffes à ses basques — va devoir récompenser les nombreux riches fournisseurs de sa caisse électorale. Vous voulez gager? Il y aura des compromissions, des reculs et des calculs, ma gang-bande de candides ! Des silences et des reniements obligés, ma gang-bande de naïfs.

Encore en pamoison les médias, il y a pas longtemps, face aux diffuseurs des Golden Globes. À « La (grosse) Presse » comme à la «SRC-CBC», chez Charrette —même Homier-Roy en fut étonné— ça se pâmait d’aise pour ces trophées «en or» distribuées et ces belles robes et beaux bijoux, ces chics artistes d’outre-45e. Qu’on en jase un peu, certes. Mais qu’on y consacre des pages et des pages avec photos full colors, à la radio, des temps fous, avec redondances pénibles, c’est exactement cela être des colonisés.

J’écris donc: bande de colonisés. Un suicide, ce ramage rampant devant les «Améri-quétaineries»? Suicide en médias francophones. Écoutez bien, facile prophétie, les enfants colonisés de nos colonisés iront bientôt, tôt ou tard, aux sources, liront en langue américaine cette salade hollywoodienne, écouteront en english la radio en langue américaine. Pas vrai ? C’est commençé.

Danger que cette «courbure» de nos reporters face à ces machins-à-trophées de la superpuissance mondiale. Pas vrai? Oui, auto-connerie, inconscience en nos médias de langue française. Et à Paris, aussi colon. Mais ils sont plus de 60 millions, eux. Pas comme au Québec, sept face à 300 millions ! Donc, attitudes niaises.

Ce comportement d’agenouillement qui fait baver de joie les Charette et ses semblables (il fallait entendre les gloussements) est masochisme mortifère. Il en va ainsi quand on découvre tous ces publi-reportages d’envoyés spéciaux, plutôt des mercenaires bien stipendiés. Honte? Mais non. De beaux voyages «payés par les amerloques» en vue de mousser copieusement — full colors encore — la culture populaire puissante de Los Angeles. Ou de New York. À ce consentement lâche, et à répétitions, des médias francophones, les chefs-rédacteurs disent «volontiers». Soumis. Graissés ? Chefs de pupitre ou de sections à enveloppes brunes? On sait pas, hein ? Le vrai proprio (entendez-moi, MM. Desmarais et Cie) devrait crier STOP! Dans son intérêt. Cette lâcheté torpille les créateurs divers d’ici comme ceux des «autres» cultures venues de pays moins riches.

L’aplatissement collectif dans nos grands médias face à l’éléphant-USA, est une turpitude. Pas seulement un suicide. Oui, les proprios devraient empêcher leur propre mort annoncée. Mort culturelle qui viendra quand la variété va crever. Quand il n’y aura plus en Occident que le puissant rouleau compresseur: place aux films USA, livres USA, télés USA, chansons et musiquettes USA.

Les rares étonnants produits culturels pondus par de rares créateurs des USA (il y en a), eux-mêmes sont engloutis dans cette masse. Qui nivelle par le bas et qui a les moyens d’acheter nos reporters, dont le duo Brunet-Cormier en tête de cette procession d’achetables, la parade des chroniqueurs «à vendre». Ou bien gratuit par complaisance servie à-la-Christiana-Charretta!

Bande de colonisés!

Claude Jasmin claudejasmn@cgocable.ca

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