Mange ton brocoli, sinon...

Envoyer à un ami

Envoyer cet article à un ami.

Une chronique de Bob le Chef

J’ignore si c’est parce que j’ai une grande capacité à conserver mon coeur d’enfant, ou trop carencé pour devenir adulte - la réponse dépend d’à qui vous posez la question dans mon entourage - mais à ce jour, je me demande encore pourquoi on doit garder le dessert pour la fin du repas.

(Photo: Deposit Photos)

Hors de question: “NON !! T’auras pu’ faim pou’ souper !”. L’argument de ma mère, probablement celui de la vôtre aussi, ne m’a toutefois jamais convaincu. Encore moins à l’adolescence... Depuis toujours, ce questionnement existentiel me hante. Pourquoi ô grand pourquoi la vie doit-elle être ainsi faite !?

Parce qu’on veut garder le meilleur pour la fin ? Qu’il importe de finir sur une bonne note ? Celles-là m’apparaissent d’emblée comme des raisons très subjectives, ayant pour seul but celui de justifier le péché de gourmandise à l’heure du deuil d’un bon repas. Surtout que, préparés égaux tels qu’ils devraient l’être, les plats d’un bon repas digne de ce nom ne devraient pas être soumis aux mêmes considérations quant à l’ordre du service, qu’au dilemme entre la bonne et la mauvaise nouvelle. 

On dira sinon que c’est parce que les fibres aident à la digestion ? Que les lipides aident à ralentir l’absorption des glucides et qu’en mangeant le dessert en premier aurait pour effet de causer une heure de pointe dans le taux glycémique trop tôt dans le repas, ce qui bloquerait la circulation dans les artères ? Peut-être... Mais ne serait-il pas aussi logique de commencer le repas par le dessert puisque le sucre ouvre l’appétit ?

Plus j’y songe, plus les indices pointent vers une conspiration massive orchestrée, dans les années 50, par les services secrets américains, à la solde d’un puissant groupe de lobbyistes pro-brocolis, dont l’objectif machiavélique était de faire du chantage aux enfants.

Paranoïa à part, l’idée de manger le dessert à la fin en est une toute occidentale. En plus d’être relativement récente, contrairement à ce que certains Occidentaux pourraient croire, cette façon de faire n’est pas nécessairement partagée par toutes les cultures culinaires dans le monde...

Jusqu’au 18e siècle, on servait tous les plats, sucré et salé confondus, en même temps sur la table. Compotes et confitures côtoyaient les sauces. Les gâteaux et les pâtisseries frayaient avec les gigots et les rôties. Dans ce type de service, qu’on appelle “à la Française”, il était coutume de servir un petit mets sucré après la “desserte” - soit le moment de débarrasser la table - et c’est de là que le fameux dessert tient son nom. Ce n’est que plus tard, qu’est apparu le service dit “à la russe”, où l’on sert les plats les uns après les autres, salés d'abord, puis sucrés ensuite, tel qu’il est commun de le faire encore aujourd’hui.

En somme, l’origine du dessert tel qu’on l’entend chez nous, n’est pas directement lié à ce dont il est composé, mais plutôt au moment où on le mange. Au fond, manger son dessert en premier, reviendrait à manger quelque chose de sucré à l’apéro ou comme entrée. Ainsi, toutes recettes qu’on pourrait associer à l’appellation “dessert” et par extension toutes fourberies alimentaires dont certains pourraient les accuser quant au moment de les manger, ne sont donc que pures tergiversations. Et c’est sur ce dernier argument que je conclus ma plaidoirie chère maman. Vive la cuisine libre.

Afin d’aider les jurés à délibérer, j’aimerais déposer la preuve à conviction A : soit une recette qui se mange aussi bien en entrée qu’au dessert: la fondue au parmesan.

Fondue Parmesan (pour 4)

Ingrédients:

- 4 cuillères à soupe de  beurre

- 6 cuillères à soupe de farine

- 1 1/4 tasses lait

- 2 jaunes d’oeuf

- 1 tasse de fromage parmesan, râpé finement

- 1 tasse de fromage suisse, râpé finement

- 1 pincée muscade

- Sel, poivre

- 1/2 tasse de farine

- 2 blancs d’oeuf

- 1 tasse de chapelure ou de panko

 

Méthode:

Dans une casserole à feu moyen, mélanger le beurre et la farine

Verser le lait en fouettant pour faire une béchamel très épaisse et lisse

Tempérer les jaunes d’oeufs, afin qu’ils n’embrouillent pas la recette

Ajouter le fromage

Assaisonner

Verser dans un moule carré préalablement graissé et laisser reposer 6 à 8 hrs au frigo

Retirer du moule et couper en cubes

Passer chaque cube dans la farine, puis dans le blanc d’oeuf battu et finir dans la chapelure.

Cuire dans une friteuse préchauffée à 350f jusqu’au moment où nos fondues sont dorées à point

Servir accompagné d’une salade ou de fruits frais

 

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5

Merci d'avoir voté

Haut de page

Commentaires

Commentaires