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Ginger ale et cigarettes Popeye...



Publié le 11 Juin 2008
Publié le 13 Juillet 2010
 

C'est ce que j'ai bu et fumé à mon après-bal. And guess what? I was the definition of cool! Voyez Mme Pelletier comme mon anglais s'est amélioré.

Sujets :
Oasis

Pas facile pour un parent de comprendre. Peut-être est-ce trop loin. Moi, je m'en souviens comme si c'était hier. Ah oui, j'ai 30 ans pour ceux qui se poseraient la question. Revenons à nos boutons, euh... à nos moutons. Demander à un adolescent de se séparer de ses amis, ceux qui ont partagé quotidiennement ses joies et ses peines lors des cinq dernières années, une éternité en années ado, c'est lui demander de tourner la page sur le tiers de sa vie. La moitié à vrai dire, car, lorsqu'on y réfléchit, peut-on parler de la tendre enfance comme d'une période marquante? Peut-être au niveau du développement, mais certainement pas en ce qui a trait à la mémoire. De 0 à 5 ans, notre mémoire ne stocke rien ou presque. Les visages, c'est tout. Celui de maman principalement. Notre disque dur «is powering up» en des termes plus technologiques qui trouveront écho chez les ados.

Parents, tenez-vous-le pour dit, le bal de finissants est le plus grand jour de la vie de votre fils ou votre fille. Malheureusement, c'est aussi le pire. Un moment à la fois magique et tragique. Une célébration de l'amitié suivie d'adieux déchirants. Pas facile à cet âge de gérer autant d'émotions contradictoires. D'où les nombreux excès propres à tout après-bal qui se respecte.

Mais ma question est la suivante: dans un événement aussi festif que l'après-bal, est-il possible pour un jeune homme ou une jeune femme de ne rien consommer? Ni boisson, ni drogue. Pas même une simple clope. Oui, c'est possible. J'en suis la preuve vivante. Les souvenirs que je garde de mon bal et de la fête qui s'en est suivie sont à jamais gravés dans ma mémoire et aucune goutte d'alcool n'est venue les altérer. Tout est clair. Comme l'eau que j'ai bue ce soir-là. Entre deux verres de ginger ale, bien entendu.

Peut-être n'étais-je pas le plus intelligent de mon année. Ni le plus drôle. Certainement pas le plus beau. Le plus sportif? Non plus. Mais j'étais sans contredit le plus original. Ça se voyait à ma façon de me vêtir. À ma façon de me coiffer. Mais surtout à ma façon d'être. Un je-m'en-foutisme qui plaisait à mes amis, mais qui déplaisait à mes profs. J'aimais confronter, argumenter. J'adorais m'obstiner avec mes enseignants. La joute oratoire m'exaltait. J'étais un blogueur en devenir.

Malheureusement, les enseignants interprétaient ça comme de la provocation. J'ai donc passé plusieurs périodes au bureau du directeur. Ou d'autres fois, à l'Oasis, une salle de retenue où il vous fallait garder le silence et où tout ce que vous disiez pouvait être retenu contre vous. Et c'est sans oublier la feuille de route qui m'a accompagné tout au long de mon secondaire IV et V. Une feuille que les enseignants devaient signer à la fin de chacune de mes classes, mentionnant si j'avais ou non troublé la paix. Trois faux pas et puis s'en va… «Pinel! Au bureau du directeur!»

Mais ce qui faisait rager mes professeurs plus que tout au monde, c'est que j'étais plutôt doué académiquement parlant. C'est ce qui me différenciait de mes amis délinquants qui en arrachaient considérablement et dont les notes étaient décriées par tout le corps professoral. Ceux-là devaient se démerder en classe de «cheminement particulier». Moi, j'étais dans le groupe enrichi. Assez fort pour lui - le groupe des bolés -, mais conçu pour elle - la belle Mélanie, ma voisine de pupitre -. Désolé, je divague.

Petite anecdote intéressante à propos du prix qu'on m'a décerné lors de mon bal de finissants, le prix «Personnalité de l'année». Eh bien, paraîtrait-il que j'ai reçu plus de 90 % des voix, un vote de confiance dont rêveraient bien des politiciens. Parlez-en à Bernard Landry!

Seul hic: plusieurs enseignants, dont mon professeur d'anglais mentionnée ci-dessus dans l'amorce, ne voyaient pas d'un bon œil qu'un «rebelle», un «petit comique», un «mauvais exemple» comme moi soit couronné «Personnalité de l'année». J'ai bien reçu ma médaille au bal, mais vous n'avez pas idée à quel point j'ai dû forcer pour la soutirer des mains de mon directeur. Tout simplement ridicule! J'ai eu l'air d'un petit escroc qui tentait de lui voler son portefeuille.

Où veux-je en venir avec ce récit un peu décousu? Je tente simplement de faire valoir que, dans la vie, il est toujours possible de laisser sa marque sans se dénaturer. Sans artifice. Sans se saouler ni se droguer.

Vous, en connaissez-vous beaucoup des gens qui n'ont jamais pris une bouffée de cigarette, une gorgée de bière ou une petite pilule d'une couleur suspecte? C'est ainsi que j'ai laissé ma marque et j'en suis fier. Précisons quand même que je suis arrivé à mon bal de finissants dans la plus grande limousine qui soit, la 33 Langelier. Mettons que ça aide un gars à faire grimper sa cote de popularité.

Et si vous avez peur d'avoir moins de plaisir parce que vous êtes à jeun, détrompez-vous, c'est plutôt le contraire qui se produit. Avoir toute sa tête quand tout le monde autour n'a plus tout à fait la sienne, c'est à mourir de rire. Lorsque vos amis sont dans un état d'ivresse avancé, ils sont si ridicules que vous pouvez les pousser à faire des choses qu'ils regretteront longtemps. Mais pourquoi regretteraient-ils des gestes qu'ils auront vite oubliés l'aube venue? Parce que vous aurez pris des photos et que vous leur demanderez de l'argent en échange. Comment pensez-vous que j'ai payé mes études supérieures?

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