« Vous mentez M. Charest », de répéter Pauline Marois. « C'est un mensonge Mme Marois », de répliquer Jean Charest. « C'est faux », de répondre Mario Dumont aux attaques dirigées contre lui. « Pourquoi ne dites-vous pas la vérité M. Charest », de poursuivre Mme Marois. Conclusion: on me ment, on nous ment. Mais quel chef le fait, ça, personne ne le dit.
À quand un débat où les chefs auront des comptes à rendre ? À quand une équipe de journalistes forcenés chargés de confirmer ou d'infirmer les dires des chefs, et ce, en direct ? Après vérification, ceux-ci pourraient taper les infos au bas de l'écran. Exemples: « Jean Charest a annoncé ne pas avoir fait de déficit, mais il en a fait un et il est de tant… Pauline Marois a précisé que les infirmières mises à la retraite par son gouvernement auraient aujourd'hui 70 ans, mais elles ont plutôt 62 ans (chiffre hypothétique). » Tout le monde y gagnerait. Les électeurs, bien entendu, mais les réseaux de télévision également. Ces derniers verraient leurs cotes d'écoute grimper en flèche.
On dit que la population québécoise ne s'est jamais autant désintéressée de la chose politique, alors qu'avons-nous à perdre ? Quand des chefs nous mentent en pleine face et qu'aucun journaliste n'en fait mention, ce n'est rien pour améliorer la situation. Le cynisme est tel que les fausses promesses et les mensonges ne nous révoltent plus. Nous acceptons que ces gestes, des non-gestes à vrai dire, demeurent impunis. Ça fait partie de la "game", nous disons-nous, impuissants devant autant de désinformation.
Fini le bluff. Il est temps que MM. Dumont et Charest ainsi que Mme Marois jouent cartes sur table. Comment départager le gagnant et les perdants du débat quand on ne sait même pas qui nous ment et qui nous dit la vérité ? Impossible. Si on adoptait la nouvelle formule que je propose, au lendemain du débat, les médias pourraient juger les panélistes sur autre chose que leur répartie, leur prestance et leur verve. Chaque phrase serait analysée dans ses moindres détails et les menteurs seraient pointés du doigt.
Que voulez-vous, je suis un idéaliste. Je rêve du jour où les politiciens ne mentiront plus, ne déformeront plus la réalité et ne feront plus dire ce qu'ils veulent aux chiffres. Je rêve de transparence et de vérité.
Les environnementalistes disent souvent que l'on change le monde un geste à la fois, alors, voici mon premier geste: revoir la formule du débat - et je ne parle pas ici d'asseoir les chefs -. Je parle d'un débat où les mensonges seront dénoncés. D'un débat où la vérité triomphera.
Rendez-vous au procès des chefs 2012 (ou 2010 si le gouvernement demeure minoritaire)!
Le procès des chefs 2008
Ce n'est pas d'un débat des chefs dont nous voulons, mais d'un procès des chefs.
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