Personnalisez votre journal

La pire déclaration d'amour de l'histoire



Publié le 13 Février 2009
Publié le 13 Juillet 2010
Yannick Pinel RSS Feed

Vingt-trois heures cinquante-neuf. Je poste mon blogue une minute trop tôt. Le vendredi treize plutôt que le samedi quatorze, jour de la Saint-Valentin.

Sujets :
Canadien de Montréal , Conseil de Daniel Bélanger , Rue Saint-Denis , Desjardins , Benigni

L'idée était de t'écrire une lettre d'amour. Tu devais la lire sur les douze coups de minuit. Sorte de célébration de notre amour. Pas très fier de ce que j'ai écrit. Définitivement pas ce à quoi tu t'attends. Prête ? Arrachons le diachylon au plus vite.

La question qui tue - parce que tu me tueras lorsque tu liras ma réponse - : est-ce que je t'aime ? Non. Je ne t'aime plus. Je ne t'ai même jamais aimée Marjolaine. Je sais, je t'ai pourtant dit le contraire des centaines de fois. J'ai menti.

Je ne t'aime pas, parce que ce que j'aime, c'est ce blogue, mes amis, le Canadien de Montréal (moins ces temps-ci), Le monde de Vénus, mon vieux jean délavé et troué, le tartare, Tout sur moi et des dizaines d'autres choses. Par contre, dois-je avouer, j'aime bien certaines parties de ton corps. Je pense ici à tes lèvres, tes jambes, tes fesses et tes beaux grands yeux verts (et non bruns, comme tu le prétends). J'aime ton humour et ta générosité aussi. Mais toi, je ne t'aime pas.

Comment pourrais-je aimer une fille qui, un an avant notre rencontre, a pleuré toutes les larmes de son corps, non pas parce que son ex l'a laissée, mais bien parce qu'elle-même a mis fin à leur relation. Alors que d'autres auraient fait les 400 coups pour fêter leur célibat retrouvé, ou seraient parties à la recherche d'un candidat pour combler le poste laissé vacant, du mieux que tu as pu, sur le conseil de Daniel Bélanger, tu as séché tes pleurs. Pourquoi? Parce que ton petit cœur a éclaté en mille morceaux. Brisé d'avoir brisé le cœur avec lequel il battait à l'unisson depuis quatre ans.

Est-ce que je t'aime beaucoup alors ? Non plus. Ce que j'ai beaucoup aimé, c'est la pièce que j'ai vue récemment à la Licorne. Tu étais là. Une œuvre de l'auteur Martin McDonagh intitulée Pillowman. Ou bien Breakfast at Tiffany's, de Truman Capote, le dernier roman que j'ai dévoré, littérairement et non littéralement. Un cadeau que tu m'as offert. Bien joué.

Si au moins je t'adorais. Mais non. J'adore tant de choses pourtant: un bon livre, écrire, la politique américaine, Fais ça court!, le duo Legault-Petrowski les vendredis matin à Christiane Charette, marcher sous la pluie quand j'ai le vague à l'âme, la mer.

N'empêche que j'adore ta candeur Marjolaine, tes baisers, tes seins, ta grande intelligence, ainsi que cette tache de naissance qui s'apparente à une empreinte. L'empreinte d'un baiser dont le temps n'aurait pas su effacer la trace.

Comment pourrais-je adorer une fille qui, quand vint son tour de commander à la serveuse du resto de la rue Saint-Denis où nous déjeunions, a arrêté son choix sur la crêpe bretonne et exigé que le cuisinier y ajoute des champignons. Un caprice qui a gonflé ma facture de deux dollars. Une fois nos déjeuners servis, qu'as-tu fait ? Tu as retiré un à un les champignons de ta crêpe. Gardais-tu le meilleur pour la fin ? Je devais m'en assurer. - Pourquoi ne manges-tu pas tes champignons ? - Parce que je n'aime pas les champignons voyons.

Je n'avais jamais autant ri. Merci!

Le verbe « admirer » serait-il plus approprié dans ce cas ? Malheureusement, non. Comment pourrais-je admirer une fille d'une beauté inégalée quand, d'ordinaire, les gens que j'admire sont des hommes, auteurs gringalets ou grassouillets, d'un physique et d'une bouille quelconques, qui à travers leurs lunettes démodées, me font voir le monde tel qu'ils le perçoivent, et ce, qu'ils choisissent de le démolir ou de l'embellir. Des génies dont j'envie la plume et dont je jalouse l'œuvre. Je songe à Desjardins, à sa chanson Tu m'aimes-tu ? et à son texte Les Yankees. Je pense à Benigni et à son chef-d'œuvre La vita è bella. Au poète Gaston Miron et à L'Homme rapaillé.

Comment pourrais-je admirer une fille qui, cette année, entame un deuxième doctorat. L'élève dont rêve tout professeur et dont la pire bourde académique fut de faire l'école buissonnière une fois dans sa vie. Une confession récente qui m'a surpris et soulagé. Soulagé de te savoir un peu, un tantinet comme moi. Imparfaite, l'instant d'un après-midi. Intrigué, j'ai voulu en savoir plus sur ce moment d'égarement. - Magasiné avec tes amies, fait du ski, restée au lit ? - Non, j'ai étudié.

Admirable! Tu me fascineras toujours.

Bon, assez déparlé... Ce que je veux dire au fond, c'est ceci: carillonner que je t'aime, t'aime beaucoup, t'adore ou t'admire ne ferait que diminuer mes sentiments à ton égard. Ces mots, je les utilise quand je parle de bouffe, de cinoche, de télé ou de littérature. Pas de toi. J'échangerais toutes les choses que j'aime contre une seule soirée à t'écouter te raconter. Les choses que j'aime beaucoup contre une nuit à te contempler dormir. Celles que j'adore contre une année entière à partager tes joies et tes peines. Et toutes celles que j'admire contre le conte de fée que nous vivons. Contre notre fin hollywoodienne. Comme Latika et Jamal dans Slumdog millionaire. Comme Giselle et Robert dans Enchanted. Ou plus près de nous, comme ton père et ta mère.

Joyeuse Sainte-Valentin !

Écrire un commentaire

Écrire un commentaire

Ce formulaire ne sert pas à envoyer l’article à un ami. Svp, utilisez le lien «Envoyer à un ami» en haut de la page pour ce faire.

Montréal Express n'est pas responsable des commentaires ci-dessous. Veuillez par contre, rester poli et respecter le sujet de la discussion. Si vous êtes membre, connectez-vous.

(Nous gardons les courriels privés)
Accord

Nous prions les internautes de rester polis. Il est interdit de soumettre du contenu discriminatoire, insultant ou inapproprié, qui pourrait être retiré du site à notre discrétion. Nous ne sommes pas responsables des opinions ou du contenu soumis par les internautes. L'utilisation de ce site ainsi que la propriété du contenu qui est soumis sont régies par nos Conditions générales d'utilisation et le Politique de confidentialité.

Les organismes membres doivent promouvoir des activités légales et à but non-lucratif. Tout organisme faisant la promotion d'activités illégales ou de services / produits commerciaux sera retirée du site.

J'accepte ces conditions.