En le feuilletant, je découvris que j'en avais lus une vingtaine au bas mot. Le Journal d'Anne Frank, Histoire de Pi, Les Misérables, L'Étranger de Camus, L’Orange mécanique, etc.
Découvert aussi cette magnifique photo d'Audrey Hepburn, alors qu'elle incarnait Holly Golightly dans le film inspiré de la nouvelle Breakfast at Tiffany's de Truman Capote.
« Tu l'as lu ce livre ? », me demanda ma blonde.
« Non. Mais j'ai adoré In Cold Blood du même auteur », lui répondis-je.
Une semaine plus tard, ma douce moitié m’en fit cadeau.
Et de 21. Plus que 980 à lire. C’est beaucoup et peu à la fois. Pour une seule personne, moi en l'occurence, c’est énorme. Mais c’est possible. Possible si je suis fidèle aux 1001 livres. Impossible si je prends des maîtresses ici et là comme j’ai la mauvaise habitude de faire.
Il suffit d’une visite chez Renaud-Bray pour constater que 1001 livres, c’est bien peu. Qu’il y a en des milliers d’autres. Si l’idée d’en lire 1001 vous angoisse, de mon côté, je dirais que c'est de devoir choisir parmi des montagnes de titres qui m'étourdit. Peur de me tromper. Peur de rater LE livre qui aurait pu changer ma vie. Tous ces livres, c’est saoulant à la fin ! Et complexant ! Car, je l’avoue, ça me donne le vertige « toutes » ces auteurs. Avec un peu de chance, je lirai quoi moi, le millième de tous les livres qui se trouvent ici ?
J’ai ce même sentiment d'infériorité quand je consulte une mappemonde. Ma blonde en a justement une dans son bureau et je l'ignore totalement. Pas ma blonde, la carte. J’en veux à la Terre d’être si vaste. Autant de pays à visiter, de cultures à découvrir, de langues à apprendre. Et pas assez de temps. Où voudrais-je aller ? Partout voyons. Mais je réalise aujourd’hui que je mourrai sans avoir tout vu.
Revenons à nos livres. Lesquels aimerais-je lire ? Il y en a tellement. Mais encore là, je sais pertinemment que je mourrai sans les avoir tous lus. Quelle tristesse !
C’est pourquoi je ne m’éternise jamais chez Renaud-Bray. Je vous raconte ma dernière visite. Mon plan de match était simple. Me diriger vers la section des romans québécois, agripper Je suis un écrivain japonais de Dany Laferrière, passer à la caisse et ressortir au PC (pas de course). Mais malheur, le livre était introuvable. Détour dans la section des romans japonais (sic). Toujours rien. J’apostrophe un commis qui pitonne sur son ordi.
« Désolé, mais on ne l’a pas monsieur. »
« Quoi, vous n’avez pas le dernier Laferrière. Vivriez-vous par hasard au-dessus de vos moyens intellectuellement ? »
J’ai dû me rabattre sur La route de Cormac McCarthy, ma lecture de chevet du moment. Ça et la bio de Bourgault. Ah oui, et Le quatrième protocole, un drame d’espionnage signé Frederick Forsyth. Sans oublier Dieu n’est pas grand de l’Anglais Richard Dawkins. Quand je vous parlais de mes maîtresses plus tôt, en voici quatre qui partagent mon lit et réchauffent mes nuits.
Vous n’en avez rien à faire de ces bouquins ? Sans doute. Et si mon collègue Pierre n’était pas décédé la semaine dernière, je m'en balancerais aussi. Je ne vous aurais jamais confessé cette relation amour-haine que j’entretiens avec les livres. Mais depuis l’annonce de sa mort, je me pose de drôles de questions. Quel livre est demeuré ouvert non loin de lui, inachevé ? Quel récit habitait son esprit au moment du départ ? En compagnie de quels personnages a-t-il fait le grand voyage ?
Renaud-Bray et la mappemonde
J'ai reçu un livre en cadeau, de la part de mes beaux-parents. Un livre sur les livres. Les 1001 qu'il faut avoir lus dans sa vie.
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