Mon amie Geneviève est une fan finie de Fantasia. Chaque année, elle reçoit en primeur les bandes-annonces des films à l'affiche. S'ensuivent un visionnement entre amis et la sélection des films à voir absolument. Certains longs-métrages font l'unanimité. D'autres non. Comme Love Exposure et Stoic, deux films que ma blonde et moi sommes allés voir seuls, sans la cavalerie fantasienne.
Love exposure…Dimanche dernier donc, nous avons opté pour l'opus de Sion Sono, intitulé Love Exposure. Une œuvre fleuve de quatre heures. Un film brillant. Lumineux. Roméo et Juliette version coréenne. L'amour. La folie. La violence. Et l’amour. Celui qui rend fou. Celui qui guérit de tout.
« Fils d’un prêtre respecté, Yu (Takahiro Nishijima) ne l’a pas facile pour un jeune de 17 ans. Entre autres, son père le force à se confesser quotidiennement. Le problème, c’est que Yu n’a pas vraiment de péchés à avouer. Papa ne le croit pas. Il doit avoir offensé Dieu dans la journée. Pour calmer son père, Yu décide de s’engager sur le sentier du péché, question d’avoir quelques déviances à confesser. Il s’allie à un groupe de pervers et reçoit les enseignements d’un M. Miyagi de la décadence. Leur devise est : "tous les pervers naissent égaux", mais Yu prouve le contraire. Ses talents de satyre sont inégalables. Cependant, au fond de son âme, il demeure insatisfait : l’idée de pécher est beaucoup plus stimulante que les actes eux-mêmes et Yu recherche désespérément l’âme sœur. Sa Vierge Marie. Elle lui apparaît sous la forme de Yoko (Hikari Mitsushima) et Yu est liquéfié, charmé par son innocence brisée, enivré par le seul parfum de son péché originel. Le problème, c’est que Yoko déteste les hommes. Violemment. C'est de Madame Scorpion qu'elle s'est entichée. »
À la fin du film American History X, Danny, le personnage interprété par Edward Furlong, clôt sa dissertation par une citation, précisant « qu'il vaut mieux emprunter les mots d'un autre lorsqu’on se sait incapable de les surpasser. » Dans ce cas, je laisse à Jimmy Chartrand, étudiant en cinéma, le soin de critiquer ce film grandiose. J'aurais écrit quelque chose de relativement similaire, alors… : http://www.coteblogue.ca/articles/love-exposure-au-festival-fantasia-2009/
Voici la bande-annonce pour les plus visuels d’entre vous : http://www.youtube.com/watch?v=5Fxa5NuVrqU
C’est bon, émouvant, drôle et divertissant. Ah oui, et ce n’est pas long du tout. Plutôt le contraire. On en redemande.
Le lendemain, ce fut au tour de Stoic, un film magistralement réalisé par l’Allemand Uwe Boll et brillamment interprété par Shaun Sipos, Sam Levinson, et Steffen Mennekes. Ah oui, et par Edward Furlong, celui qui, justement, interprétait Danny dans American History X.
Quatre compagnons de cellule jouent une partie de poker « amicale ». Mitch Parker, le veinard, remporte toutes les mains et ruine deux de ses adversaires, qui n'ont plus la moindre clope à miser. Mitch propose donc que le perdant avale ce qu'il reste du tube de dentifrice. Tous acceptent. On passe les cartes et contre toute attente, c'est Mitch qui perd. Ses adversaires se bidonnent et lui ordonnent de respecter son pari. Mitch ne veut rien entendre. Il tente d'acheter la paix avec quelques cigarettes, mais c'est peine perdue. Ses trois copains n'entendent plus à rire et finissent par utiliser la force pour lui faire avaler le dentifrice. Une brutalité facultative j'en conviens, mais compréhensible, dans les circonstances. Après tout, un pari est un pari!
Mais ce qui arrive par la suite dépasse tout entendement. Mitch est humilié, torturé, violé et tué. Et nous, enragés, effrayés, dégoûtés et consternés. Témoins d'une interminable injustice, nous en voulons au réalisateur d'avoir imaginé pareil scénario. C'est lui qui devrait être enfermé ! Mais regrettablement, l'imagination funeste de Boll n'y est pour rien. Ce que le réalisateur filme est bel et bien survenu. Dans une prison de Siegburg (Allemagne) en 2006. Encore plus épouvantable: ces trois sadiques avaient été bouclés pour de petits larcins. Aucun n'avait commis d'acte violent. Quant à la victime, un sans domicile fixe, elle avait été coffrée pour vagabondage et il ne lui restait plus que quelques semaines de sa sentence à purger. Troublant et désolant !
Le film ne dure que 92 minutes. Mais 92 longues minutes. Plus longues que les 237 de Love Exposure.
Ce que les trois assaillants font subir à Mitch, c'est un peu ce que la violence fait au temps. Elle le maltraite, le suspend, le tue. Alors que l'amour, lui, le précipite, lui donne des ailes, le fait filer comme le vent.
La bande-annonce de <@Rì>Stoic<@$p> se trouve ici : http://www.youtube.com/watch?v=iIEnL0Nj3xE
Et la programmation de Fantasia ici: http://www.fantasiafest.com/2009/