Ah, Québec…
Faut-il en rire ou en pleurer? Québec est en voie de devenir métropole culturelle, et ça commence à se sentir et à se savoir. Fini le complexe d’infériorité, je vous le dis. Ces jours-ci, dans la Capitale, on nous regarde avec un sourire en coin, nous les dinosaures de l’amont. Même que ça commence à être un peu gênant de dire ouvertement qu’on est de Montréal.
C’est quand notre 400e à nous? En 2042? Wow, encore trente-trois ans d’attente. Je serai vieux, très vieux, probablement trop vieux pour voir ça. M’enfin, ça donne une bonne raison d’arrêter de fumer, ne serait-ce que pour voir comment nous ferons pour accoter le développement fulgurant de notre Capitale Nationale.
Non seulement ils auront leur Moulin à image et le Cirque du Soleil – Robert Lepage a toujours gardé des liens fort avec sa ville, et Guy Laliberté semble garder une crotte sur son ti-cœur contre Montréal depuis son projet avorté au centre-ville – mais la rumeur court même, dans la Vieille Capitale, que Marcel Aubut pourrait acheter le Canadien et le déménager dans sa ville. Rigolo, non? Les Canadiens de Québec?
Bon, soyons sérieux. Au-delà de ces exemples cruellement visibles, il vaut voir toutes ces maisons d’éditions qui ont pignon sur rue à Québec! Alto, Nota Bene, Le Lézard amoureux, Septentrion, Cornac (bon, oui, je sais, c’est à Michel Brulé, un Montréalais pas très fin, mais bon, quand même) et d’autres que j’oublie, ces gens-là marchent le front haut avec leurs titres sublimes qui prennent belle place en librairie et ce, non seulement à l’ombre de l’Assemblée nationale, mais partout, même chez-nous!
Il faut aussi sortir en ville et voir les restaurants remplis de gens modernes et souriant, fiers d’eux et de ce que leur ville est en train de devenir. Il faut voir La Cuisine, sur Saint-Vallier, qui allie passé et avenir d’une manière étonnamment efficace, à mi-chemin entre la brocante et le bar techno, tables et chaises dépareillées et menu tellement Queb que tu te roules dans le pâté chinois, le pâté au saumon et le bouilli au lard salé. Des waitress aux cheveux rouges, des waiters tatoués et percés, le tout enrobé de gros techno dans l’tapis comme musique de fond avec plein de monde le sourire aux lèvres. Pas d’danger qu’on trouve ça à Montréal!
Il faut aussi se promener dans les rues pour se rendre compte que, sacrament, y z’ont même pas de nids-de-poules! Pas un seul! Et ça avec un hiver encore pire que le notre! Comment ils font? C’est qui leur fournisseur d’asphalte? Messieurs Tremblay et machin – ça change tellement souvent aux travaux publics au Village de Montréal, qu’on sait plus suivre! –, offrez-vous un stage dans la capitale, sacrament!
Je pourrais en rajouter, mais j’aurais l’air de souhaiter la venue du maire Labeaume rue Notre-Dame. Restent encore les feux de circulations trop lents et la radio-poubelle, qui font de Québec une ville où je ne pourrais pas vivre, mais, amis Montréalais, va falloir commencer à s’organiser, la cousine qui jadis nous faisait rigoler avec ses dents croches, ses seins trop petits et ses genoux par en dedans, est en train de devenir un véritable canon…
Tellement que si ça continue comme ça, c’est nous autre qui allons devenir le (nid de) dindon de la farce.
Autrement
Un autre exemple d’une ville qui se met le pied dans le plat, tiens : Rimouski. Ma ville. Ma petite fierté à moi. Depuis je ne sais plus combien d’années, Rimouski n’a pas de transport en commun. Une ville de 50,000 habitants, étendue sur une trentaine de kilomètres sur le bord du fleuve… À Rimouski, quand un enfant atteint seize ans et qu’on ne veut pas qu’il se cloitre en frustrant dans sa chambre en rêvant de crisser l’camp, on lui offre un cours de conduite et une minoune.
Évidemment, avec le temps, il est devenu complexe de se trouver une place de stationnement au centre-ville. Coup de génie, plutôt que de planifier la mise sur pied d’un système de transport en commun et de tout faire pour rendre difficile la circulation des chars dans son centre-ville (tiens, Montréal, n’es-tu pas un peu lente toi aussi, à ce propos?), Rimouski fait la promotion d’un projet de stationnement étagé en plein centre-ville, dret à côté de la salle de spectacle, en arrière du Musée, à côté du Cégep, près du fleuve, quoi.
Wow. Devriez peut-être aller faire un stage en vingt et unième siècle, les amis… Un ti-tour à Québec, vous autre aussi, peut-être?
Sébastien B.-Gagnon
Commentaire mis en ligne le 5 mai 2009Hahahaha! T'as vu ça le stationnement étagé! Mourant! Mongol! C'est à se crisser dans l'fosset comme un trop jeune conducteur saoul! Bang! T'en veux une autre bonne? La ville n'est pas d'accord pour qu'il y est un rassemblement au Parc Beauséjour après la marche pour l'Indépendance du Québec du 24 mai! Honte, honte, honte.