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Montreal Express
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Morts

Article mis en ligne le 7 octobre 2009 à 15:04
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Morts
Morts
Je serai court et bref. Tant de choses ont été dites et écrites sur la mort de Nelly Arcan que je ne voudrais surtout pas en rajouter. J’ai mal. Et contrairement à ce qu’on croit, ça n’aide en rien à l’écriture.

Treize jours maintenant et encore, toujours, les mêmes questions sans réponses, celles qu’on se pose inévitablement quand un proche décide de commettre l’irréparable : pourquoi? Qu’aurais-je pu faire? Et le pire, c’est que je sais que dans dix ans, les mêmes questions reviendront, la même peine, la même douleur. Et surtout, les mêmes non-réponses.

Il n’y a pas de réponse. Il n’y en aura jamais.

Des spirales emportent mes amis, trop souvent. Des siphons monstrueux et douloureux. Personne n’est jamais épargné et, ce matin, j’avoue ne pas trop avoir envie d’écrire. Plus rien à dire, me semble. L’impression que rien ne sert à rien, que je hurle dans un désert. Même ceux que je croyais brillants se mettent à dire ou à écrire n’importe quoi. Et puis, il y a les pires, ceux et celles qui lui crachaient dessus, et qui ont aujourd’hui le culot de pérorer leur admiration, leur tristesse, leur larmoyant mensonge aussi hypocrite que nauséeux.

Plus aucun discours n’est critiqué. Tout est vrai et tout est faux. S’agit de dire quelque chose pour que ça devienne vrai. Comme si notre langue ne servait plus à rien, sauf à raconter n’importe quoi, n’importe quand. « Moi, je dis ce que je pense! » Oui, d’accord, mais peut-être devriez-vous penser à ce que vous dites…

Blogues, journaux, radios et télés débordent de conneries, et tout le monde laisse faire, comme s’il n’y avait rien à faire. Ça sent la peur, mais contrairement aux vraies dictatures, ici, c’est par vos petites jobs qu’on vous tient par les couilles. Ça gueule et ça rit sur toutes sortes de scènes, ça critique en riant des absurdités de nos politiques et de nos personnalités publiques, ça grogne sous calotte contre les agissements de nos patrons, mais quand le temps vient le temps de mettre ses culottes et d’être intègre, quand vient le temps de respecter ses positions et ses principes, ça baisse la tête et ça se penche en avant pour ramasser son minable petit chèque de paie, en disant tout bas que ça n’a pas le choix.

Il y a de moins en moins de vrais humains. Les derniers meurent.
Notre langue
Dimanche, j’étais à Trois-Rivières dans une chambre d’hôtel avec mon ami Mario-Marc Lessard. On discutait de tout et de rien en buvant du Jamieson dans des verres en carton qui fondaient sous le feu de l’alcool. On était un peu découragé, on avait le blues : les amis meurent pour rien, d’autres ramollissent ou courbent l’échine.
On a allumé la télé, juste pour voir. Tant qu’à être dans un hôtel et avoir le câble.

Zap. Zap. Zap. Rien. Que du nul. Que du prémâché à faire lever le cœur. Avant de finalement s’arrêter sur un match de football, on a passé quelques minutes chez Drucker. Pour se dire que la plus people et rassembleuse des émissions françaises est encore plus intellectuelle que la plus pointue des émissions d’ici. En cédant à l’humour, nous avons perdu l’esprit… Découragement profond…

Qu’est-ce qui nous distingue, donc?

Regardé un peu des funérailles de Falardeau en me demandant comment il se faisait que les fédéralistes ne lui aient pas rendu hommage. C’est bien un peu grâce au polémiste barbu que nous sommes encore Canadians, non? Principe démocratique de base : c’est au centre que la victoire se joue. 40% radicalement pour, 40% radicalement contre. Et c’est parmi les 20% restants que le vote – ou le référendum – se perd ou se gagne. Or en effrayant les mous, on s’assure la victoire… J’ai toujours pensé que nous avions perdu le dernier référendum en donnant aux pseudos extrémistes le porte-voix. Nous avons fait voter les mous contre nous en laissant crier les radicaux du Oui. Paradoxe. Si on avait laissé les Chrétien, Coderre, Dion et autres éminences radicales de l’autre bord s’enfoncer, je suis presque certain que nous serions indépendants aujourd’hui.

Et que Falardeau serait mort heureux, dans SON pays, à lui.

Bon c’est assez pour cette semaine. Je vous reviens plus joyeux la prochaine fois. Promis.

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anne campagna

Commentaire mis en ligne le 10 octobre 2009
ouf, c'est vraiment roff et rock'n roll comme chronique. Il faut faire attention a l'alcool, c'est un anti dépresseur. Et puis, serait-il possible de pardonner un peu aux êtres humains? Je sais que Jean Paul Sartre a dit que l'enfer, c'est les autres, mais bon, des fois, l'enfer, c'est un peu nous qui nous le crééons aussi non?
Anne Campagna

Sébastien Harvey

Commentaire mis en ligne le 9 octobre 2009
" ... nous sommes encore Canadians, non ? " se demande étrangement Monsieur Vézina !

Je dirai avec Monsieur Laprès et la pub de hockey du centre-ville de Montréal : " Nous sommes canadiens ". Ceux qui n'aiment pas l'idée n'ont qu'à enlever ou demander d'enlever la pub du club sportif préféré des Québécois !

Condoléances aux proches d'Arcan et Falardeau ...

Laurent Chabin

Commentaire mis en ligne le 8 octobre 2009
Rien à ajouter, Michel, tu sais déjà ce que je pense de tout ça. Mais un mot pour Daniel Laprès, qui a envoyé son commentaire le 7 octobre :
À propos de français, monsieur Laprès,avant de prétendre faire des remarques sur un article dont, manifestement, la teneur et le sens vous dépassent, ne pourriez-vous l'apprendre?
Ça vous aurait permis de COMPRENDRE ce que disait Vézina et vous aurait évité d'être ridicule...

Nancy L. Tremblay

Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2009
Je n'ai pas été capable de lire plus loin que le deuxième paragraphe. Trop de douleurs encore de mon amoureux qui s'est, lui aussi, enlevé la vie à un âge où, justement, on commençait la nôtre...

Guy

Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2009
@Venise
Comme si cultiver une attitude positive s'opposait à la conscience. D'où ça sort ces croyances?? J'y comprends rien.

Venise Landry

Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2009
Plus joyeux ? Ce n'est pas nécessaire, vraiment. Je préfère la conscience à la joie. La conscience nous fait traverser le pont de la joie à la tristesse en restant vivant.

Guy

Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2009
Pour en revenir sur le sujet de N. Arcand. Ça me fait un peu penser à Dédé Fortin. Triste. Vide de sens.

Je ne peux commenter sur l'acte de ces personnes. Mais je vois deux facteurs "subtils" qui peuvent contribuer à l'acte:

1. Être noyé dans la culture du négatif;
2. Être mal entouré.

Je ne crois pas qu'il faille broyer du noir à coeur de jour pour être un créateur. Être libre c'est aussi s'affranchir de ses démons intérieurs, et ceux extérieurs par extension.

Geneviève Caron

Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2009
Michel, il y a encore quelques vrais humains; on les devine à leurs souffrances à fleur de peau. Sous le règne du bonheur à tout prix et de la réussite monétaire (monnayable également) à atteindre, afficher ses peines, ses doutes ou sa pauvreté, revient à admettre l'échec dans sa vie. Le faire me semble d'autant plus nécessaire maintenant pour peut-être redéfinir ces prétendus échecs. Et si on arrêtait de se mentir? Et si on se permettait d'être? Ça ferait du bien, mais il y en a beaucoup qui perdrait leur job, leur compagnon, leur famille même. Le courage c'est comme l'intégrité : tout le monde croit en être pourvu jusqu'à ce qu'il doive en faire preuve. Dans ces moments là, il ne reste habituellement pas grand monde au "batte"...
Je chiâle et pleure avec toi.

Philippe Daigle

Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2009
merci michel. vive les humains libres.

Marie-Josée Martel

Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2009
J'écris du bout des doigts, afin de ne pas enfoncer davantage le clou dans la blessure... Il y a des jours comme ça, des semaines comme ça, où l'on cherche le sens des choses. Au moins ces évènements, ces paroles à tous vents de tous venants ont-ils le mérite de nous pousser à chercher... ça c'est humain.

Daniel Laprès

Commentaire mis en ligne le 7 octobre 2009
Salut. Bon texte, pour l'essentiel. Mais suis d... Lire la suiteéçu que toi aussi (sans vouloir que tu renonces à tes idées) tu choisis de verser dans le "Canadian". Je veux dire qu'en l'écrivant en anglais comme le font les émules de nul autre que ton "ami" Falardeau, tu fais passer ceux qui, comme moi, n'ont pas honte de se dire Canadiens, pour des traîtres à notre langue et à notre culture. Aussi, mettre Chrétien et Dion sur le même plan que Falardeau en matière d'extrémisme, c'est très charrié. Je dirais même c'est énormément charrier. Tu peux leur reprocher bien des choses, mais certainement pas l'extrémisme à la Falardeau.

Mais c' est comme tu dis, les mots ne veulent plus rien dire...

Sans rancune, évidemment.

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