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Trous du… monde de l’asphalte

Article mis en ligne le 21 octobre 2009 à 16:52
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Trous du… monde de l’asphalte
Trous du… monde de l’asphalte
Depuis quelques semaines, on entend de plus en plus parler des scandales du merveilleux monde de l’asphalte. Selon d’abord Fabrice de Pierrebourg de RueFrontenac.com, puis Paul Larocque de TVA, puis ensuite Davide Gentile de Radio-Canada, il existerait un vaste système où des entrepreneurs se passeraient la puck pour obtenir les soumissions les plus basses. Nos routes nous coûteraient ainsi de 20 % à 35 % de trop. Et tout ça, faut le dire pour des routes et des rues de merde.
Et j’entends nos crieurs patentés réclamer toujours de moins en moins d’intervention de l’État… Ils vont certainement sauter sur l’occasion pour nous dire que c’est justement de la faute de nos gouvernements de gaugauche. Mais qu’ils n’en nomment qu’un, un seul, de ces gouvernements de gauche dans toute l’histoire politique du Québec, qu’elle soit fédérale, provinciale ou municipale. Et dites-nous donc aussi, que la mafia, les compagnies de construction en général et les fournisseurs de matériaux sont de gauche!

Non mais.... Notre appareil gouvernemental n’en est pas un de gauche, Il a l’air d’une république de banane. Notre gouvernement est mené par un ancien conservateur qui prétend que la situation ne mérite pas une enquête publique. Vous trouvez pas que ça sent les amis proches emmêlés jusqu’aux oreilles qu’on veut protéger? Et l’opposition est d’une telle timidité que ça sent presque les mêmes amis. Il faut aussi avoir vécu dans une petite municipalité du Québec pour comprendre que la plupart des conseils municipaux sont noyautés par des gens qui marchent main dans la main – et qui mangent dedans, même – avec les industriels les plus retors du coin. Aucune raison pour que ce ne soit pas pareil à tous les niveaux.

Cette affaire de soumissions-la-plus-basse n’est que la pointe de l’iceberg.
Politique fiction
Imaginons un entrepreneur un peu croche qui aurait en poche des contrats de construction ou de réparation pour 200 km de route. N’importe où. Il décide, comme ça, de mettre 5 % moins épais de tout, partout : gravier, sable, asphalte, etc. Juste 5 % … Personne ne va s’en rendre compte : il a la confiance totale du payeur, c’est son ami!
Sauf que 5 % de stock en moins sur 200 kilomètres, à 1 million $ le kilomètre, ça fait dix millions $ dans vos poches, ça. Net. Ou encore, dix kilomètres gratuits ailleurs, sur un autre contrat où il aura été le plus bas soumissionnaire…

Quoi? Vous dites que le ministère – ou les municipalités, c’est selon – ont des inspecteurs, des directeurs, des élus, qui sont sur place, qui vérifient? Allons donc! Et un p’tit party dans les Caraïbes; ou encore une p'tite ride de bateau; ou encore, à plus petite échelle, une belle fin de semaine au chalet, en toute simplicité… avec de l’alcool, un ami chef cuisinier, et des filles, aussi, pour toute la fin de semaine! Et si ça force un peu, une petite enveloppe entre deux fardiers? Ni vu ni connu? Sur 10 millions, c’est rien!

En la méthode est sûre : dans trois ans, ça va être à refaire au complet! Et si ça sort dans les journaux, pas de trouble, les amis des amis des amis vont hésiter avant de mettre leurs amis dans l’eau chaude. Et comme va y avoir tout un paquet de chroniqueurs pour crier haut et fort que c’est la faute de notre système de

gaugauche, les amis des amis seront élus, de toute manière, aux prochaines élections. D’un côté comme de l’autre, les amis sont partout…
Et pendant ce temps…
Qu’on arrive de n’importe quel bord, on a l’impression d’arriver sur la lune dès qu’on entre au Québec. De routes fermées en routes à moitié ouvertes, les temps de circulation commencent de plus en plus à ressembler à ceux de pays en voie de développement.
Pour aller au Lac, qu’on passe par La Tuque ou par Québec : travaux.

En Estrie – presque 20 ans d’assiduité, dans mon cas –, pas un seul été où la 10 n’a pas été en travaux majeurs.

Pour aller voir mon père et mes amis à Rimouski : la dernière fois, quatre zones de travaux entre Cacouna et le Bic. 2 h 15 sur un tronçon qui devrait prendre 45 minutes.

Pour aller du centre-ville de Montréal jusque dans le sud-ouest de la ville, une fois sur deux, depuis le printemps dernier, sans qu’on sache trop pourquoi, le tunnel Ville-Marie est fermé.

Partout, des travaux et des big shots qui s’en mettent plein les poches. Je veux bien croire que c’est une stratégie pour que la crise soit moins violente, mais est-ce qu’on pourrait commencer à dépenser notre fric sans le mettre nécessairement dans les poches des amis des amis?

Et après, ça veut privatiser le système de santé, augmenter les frais de scolarité, réduire la taille de l’État, tralala.

Imaginez le bordel…

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Geneviève Caron

Commentaire mis en ligne le 22 octobre 2009
Je réfléchissais à tout ça après la diffusion de l'émission Enquête la semaine dernière et je me disais que la solution serait peut-être de réserver les contrats publics (routes, infrastructures municipales et provinciales) aux cols bleus : ils ont l'expertise et si il manque de main d'oeuvre on peut penser que les employés du privés pourront y être engagés. Les entreprises privées pourront construire au privé. N'est-ce pas simple?

Lédéenne Chapleau

Commentaire mis en ligne le 21 octobre 2009
Ce n'est pas que je sois contre un système gouvernemental juste et équitable qui n'autoriserait pas ce genre de choses arriver, mais je ne crois pas non plus qu'une réglementation plus sévère réglera ce problème. Si c'était une compagnie privée qui s'occupait de réparer nos routes, si la privatisation était possible, il y aurait de la concurrence entre les compagnies. Par conséquent, la compagnie qui mettrait l'asphalte sur nos routes tiendrait à la mettre comme il le faut pour ne pas perdre son contrat. Par ailleurs, oui, il faudrait payer pour utiliser nos belles autoroutes. Le fait de rouler sur l'autoroute n'est pas un service gratuit comme on le croit. Cela coûte de l'argent au gouvernement. Aussi longtemps faudra-t-il au gouvernement pour réagir et faire payer les gens, il y aura une demande excédentaire, c'est-à-dire que la population utilisera les route de manière abusive. Si des postes de péage étaient réguler dans le temps (selon la congestion du matin et du soir) et selon l'endroit (région urbaine et rurale), il y aurait beaucoup moins de pollution et on n'entendrait plus les gens se plaindre de l'état de nos routes. Par la suite, avec l'argent gagné, l'état pourrait le reverser aux familles à faible revenu qui n'ont pas l'argent pour payer les postes de péage ainsi que réduire les impôts et construire de belles routes...

Mikael Rioux

Commentaire mis en ligne le 21 octobre 2009
À Trois-Pistoles ils vont nous scraper la magnifique vallée de la rivière du même nom pour construire un pont de 85 millions $$$ le plus haut au Québec!! Vous devriez voir les bouchons de circulation à l'heure de pointe le matin sur le pont de la 132 (ironie). Y'a du trafic 2 semaines par année et pis là y nous font croire qu'on a besoin d'un autre route. Les dirigeants de la région se plaignent tout le temps qu'y ont pas d'argent. Imaginé si on développait 850 projets à 100 000$ dans la région. On préfère investir dans le béton que dans l'humain, c'est çà le gros problème un manque de vision total ou un aveuglement conscient?

Patrice Saucier

Commentaire mis en ligne le 21 octobre 2009
Très bonne chronique!

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