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Montréal vue par : René-Daniel Dubois

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 27 novembre 2009 à 9:16
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Montréal vue par : René-Daniel Dubois
(Photo: Éric Carrière)
Montréal vue par : René-Daniel Dubois
Il vient de remporter le premier prix Michel-Tremblay pour son texte Bob, qui aura mis 17 ans avant de devenir la création phare du Théâtre d'aujourd'hui, en 2008. René-Daniel Dubois vient aussi tout juste de publier Morceaux, second volet de 30 ans de réflexions sur la vie. L'auteur et comédien dit se sentir étonnamment léger.
Ce prix, l’auteur de Being at home with Claude le reçoit comme une forme de salut au retour de l’enfant prodigue. « C’est une manière de dire : me revoici ! Je n’avais pas eu de création depuis longtemps. Cela met fin à une période de coupure bien involontaire de ma part avec le monde du théâtre. »

Le prix Michel-Tremblay, décerné par le Centre des auteurs dramatiques, vient boucler la boucle et mettre un point final à une aventure commencée il y a longtemps. « Cela faisait 17 ans que je trimballais ce texte dans ma tête. Neuf ans d’écriture, puis cinq autres années pour trouver un théâtre qui prendrait le pari de monter cette superproduction, et enfin, trois ans, pour trouver les fonds nécessaires.

Ce texte que son auteur avait fini par surnommer « la maudite pièce » tant il désespérait de la voir jouée sur scène. Il avait d’ailleurs décidé de ne plus essayer de la faire monter.

À un tel point que lorsque René Richard Cyr l’a contacté pour la transposer à la scène, il lui a laissé carte blanche. « Je voulais qu’on me considère comme mort. Je ne tenais pas à rouvrir ce paquet que je portais depuis toutes ces années. »

Véritable bourreau de travail, Daniel Dubois de son vrai nom, noircit des tonnes de pages. Son appartement du ghetto Mc Gill est encore plein du fouillis laissé par les recherches menées pour son dernier ouvrage paru à l’automne, la suite d’Entretiens, paru il y a trois ans. En chantier, une saga romanesque en quatre tomes dont plus de 1500 pages sont déjà écrites.

Arrêter ou plonger ? Tout le dilemme est là. « À 54 ans, J’ai l’impression qu’une partie de ma vie est réglée. Je me sens comme si je revenais de voyage. C’est déséquilibrant. Quand on regarde mon œuvre, on peut avoir une impression d’éparpillement. Mais ce n’est pas le cas. Tout se tient. »
Mes bonnes adresses
- Pour manger… Des foules d’endroits. Mais mon plus familier c’est le Barbare (670, Saint-Denis) à côté du théâtre du Rideau Vert. C’est bon. Pas cher. Autrement, je me promène, j’entre dans la première place qui me tente.

- Pour flâner… Je marche beaucoup. Au moins une heure par jour. Dans tous les quartiers. Et, d’année en année, je les regarde se transformer doucement. Quand j’ai le temps, je me paye des « vraies » marches : trois, quatre, cinq heures. Genre : de Montréal-Nord ou de l’hôpital du Sacré-Cœur jusqu’au centre-ville; fascinant !

- Pour lire… Le Barbare, encore un coup. Mais j’ai aussi tout un réseau de petits cafés, dans différents quartiers, alors je fais la rotation.

- À découvrir… La vie des quartiers. Juste écouter discrètement les gens parler de ce qu’ils vivent. Passionnant !

-À fuir… Les trottoirs de Montréal – à tout prix ! (Si au moins on pouvait…) Il y a des foules d’endroits intéressants à Montréal. Le problème, si on n'a pas de talent pour l’alpinisme et la spéléologie, c’est… de se rendre ! Et de se rendre en vie !

Propos recueillis par Carole le Hirez

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