Lendemain de party
Ça y est, 2009 est mort! Yé!
2010 s’annonce déjà mieux : j’écris ces lignes au chaud petit matin d’un premier janvier de la Martinique. Hier nous nous sommes baignés dans la mer. On pouvait deviner quelques têtes pourrissantes de fantômes de nègres noyés jadis non loin d’ici, et qui nageaient avec nous dans la nuit. Puis à minuit, le sud du pays s’est illuminé de ses feux de fin d’année. Il y en avait jusqu’à Sainte-Lucie en face, il y en avait chez nos voisins, et même sur un bateau qui croisait au large, pétaradants. Jamais vu ça avant. Si la magie des premières minutes d’une année annonce ce qu’elle sera, 2010 sera chaude, pétante de beauté et lumineuse! Et les fantômes de ceux qui sont morts pour engraisser nos appétits toujours de plus en plus gargantuesques et voraces viendront nous arracher, la nuit, notre trop-plein d’entre les orteils.
Ce serait trop beau, non, si 2010 faisait un monde meilleur… mais il y a de ces immuables valeurs sûres qui ne trompent jamais : les riches feront encore tout ce qu’ils peuvent pour l’être encore plus, tous les jours; et les pauvres pourraient bien perdre leur chemise – s’il leur en reste une – cette année. Coincée entre les deux, pour ce qui reste de nous, la classe moyenne essaiera de croire qu’elle changera de groupe cette année… Et que ce ne sera pas dans le second qu’elle sombrera.
Tiens, tant qu'à faire dans les valeurs sûres : je prédis aussi que la question de l’identité sera à l’avant de tous les débats cette année. Des milliers de québécois vont continuer de se réveiller en se demandant qui ils sont, et surtout, encore plus important à leurs yeux, qui leur voisin est. Questions de langue, d’origines ethniques, d’opinions religieuses; ça va continuer à crier et, espérons-le, à réfléchir un peu, quand même, avant de parler.
Espérons aussi que le Québec ne continuera pas de penser qu’il est le seul au monde à ne plus savoir comment se définir? Même en France, mère patrie parmi les grandes mères colonialistes, on est plongé au cœur du débat.
Qui est français, et qui ne l’est pas?
Le soleil, encore
Martinique, encore une douzaine de jours, avant d’aller rejoindre Dany, Stanley, Rodney, Nicolas et tous les autres, en Haïti. Me demande bien ce que 2010 réserve au pays le plus pauvre du monde… Paraît qu’il devrait y avoir des élections, cette année!
Depuis quelques heures, bing, une nouvelle décennie vient de commencer. Souvenez-vous, la dernière, elle devait voir le monde s’effondrer sous un « méga shit bug », et elle devait, tous millénaristes confondus, être le début du commencement de la fin. Des millions de gens sont morts, des guerres ont commencé, ne se sont même pas terminées, des entreprises ont crashées, des tours sont tombées, des investisseurs ont tout perdu, des « traders » sont morts, aussi, mais de rire, eux, exactement comme les banquiers et les constructeurs de voitures, pour qui rien n’a changé, finalement… Qui a le pouvoir, mes frères, qui a le pouvoir?
Et les médias, tiens, parlant de pouvoir ? J’ai perdu le compte, mais ça va faire un an bientôt, non, que le Journal de Montréal, non ? Si leurs calculs étaient bons, reste un an au fond de grève du syndicat… Et si mes observations sont bonnes, QMI, l’agence qui fournit en textes gratuits les pages du Journal ne semble pas trop tirer le yab’ par la queue... J’imagine d’ici le sourire moustachu de son petit boss… Ark, ark, ark! Et je parie que dans un an, le profil médiatique montréalais aura encore une fois changé, et ce, certainement pas pour le meilleur de l’information…
Les assurances
Premier janvier sur la plage. Peux pas me plaindre de pauvreté, pas encore du moins. Mais combien de fêtes du Nouvel An pourrai-je encore célébrer en mangeant du foie gras et en buvant du rhum sur le bord d’une mer ?
Un peu avant minuit, nous nous sommes jetés à l’eau et nous avons fait quelques offrandes. Moi, j’ai demandé à 2010 de faire une meilleure job que 2009. Pour moi, personnellement, d’abord, et aussi pour mes proches. Et ensuite pour le reste du monde.
J’ai demandé d’apprendre à être plus gentil avec ceux que j’aime. Et en contrepartie, j’ai promis de ne plus jamais ménager ma hargne envers les haïssables.
Premier coup de semonce : à ceux qui m’ont volé mon ordinateur. Je vous souhaite la noyade dans les eaux glacées de vos « addictions », à moins que vous ne m’ayez volé parce que vous aviez faim…
Première réelle pensée méchante : à American Express (AMEX). L’an dernier, comme je savais que j’allais beaucoup voyager, j’ai souscrit à une assurance-voyage en cas de perte ou de vol de mes affaires.
J’ai donc passé un coup de fil à AMEX la semaine dernière pour me faire dire que, non, monsieur, le vol ne serait pas couvert par votre assurance, il aurait fallu qu’il soit commis dans une chambre d’hôtel…
- Oui, mais… Il a été commis dans une maison de vacances…
- I hear you monsieur, mais votre contrat is clear, il faut que le vol prend place dans un hôtel pour Amex assure…
J’étais tellement « en crisse » que la madame a fini par me raccrocher au nez avant que j’ai le temps de lui demander de parler à son supérieur.
Me reste une autre partie d’assurance-voyage avec eux : en cas de blessure et d’hospitalisation. Mais je devrais peut-être bien relire la police, question d’être certain qu’il ne faut pas que je me blesse dans ma chambre d’hôtel si je veux être protégé!
anne campagna
Commentaire mis en ligne le 6 janvier 2010Malheureusement dans l'expression entreprise de presse, il y a le mot ENTREPRISE.Donc, en gros, actionnaires, bilan annuel, passif,actif,profits et investissement.
Je conseille donc poliment à tous ceux intéressés par le problème de Québécor et du journal de Montréal de lire les excellents dossiers écrits sur le sujet par les journalistes du journal la Presse section économique.
Anne Campagna